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"On va gagner" : Mélenchon veut faire au Bourget une nouvelle démonstration de force

Samedi 7 Novembre 2026

Jean-Luc Mélenchon au meeting du Bourget ce 7 novembre 2026. Source : La Croix

Salle pleine et militants qui crient "on va gagner" : Jean-Luc Mélenchon et ses troupes comptent sur une nouvelle démonstration de force samedi au Bourget près de Paris pour porter leur programme présidentiel.

 

Au jeu des salles les plus remplies dans la campagne présidentielle, les Insoumis pour l'instant l'emportent et ils entendent bien continuer sur leur lancée.

 

Entre slogans, chansons anti-fascistes et appels à la victoire, les militants s'en donnaient à cœur joie dans une salle pleine à craquer au démarrage du meeting vers 15H30. "Ça va être très puissant", a promis Jean-Luc Mélenchon en privé.

 

La députée Clémence Guetté, co-responsable du programme, a soulevé l'enthousiasme de la foule en lançant dans son propos introductif : "Les Insoumis sont en campagne, déterminés à tout changer !". "Cap sur la victoire" a de son côté proclamé le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, s'adressant à la "jeunesse de la Nouvelle France" - un des mantras de la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

 

A l'entrée du Parc des Expositions, des membres du collectif Nous Vivrons avaient déroulé une large banderole contre l'antisémitisme en chantant "la haine des juifs, c'est la passion de Mélenchon", a constaté l'AFP.

 

Après Clermont-Ferrand le mois dernier et avant Le Havre le mois prochain, La France insoumise (LFI) effectue ce week-end un retour en région parisienne, là où elle est le plus implantée, avec ce meeting au Parc des expositions du Bourget, en Seine-Saint-Denis.

 

Vendredi, 17.000 militants étaient inscrits pour cet événement. Avec jusqu'à 20.000 personnes attendues pour accentuer la bonne dynamique de Jean-Luc Mélenchon, donné par les derniers sondages en mesure de se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle.

 

Les Insoumis, qui font la course en tête à gauche, ont pu compter dans la semaine sur le soutien de la majorité du groupe communiste et ultramarin à l'Assemblée nationale, dont son président Stéphane Peu, élu de Seine-Saint-Denis. Les renégats ont été écartés samedi du Parti communiste.

 

La formation mélenchoniste espère aussi bénéficier bientôt du ralliement du petit parti Génération.s, fondé par Benoît Hamon, et de ses six députés.

 

Samedi, "nous avons trois objectifs : la démonstration de la force et de la dynamique de notre campagne, la mise en valeur de notre équipe et la présentation de notre programme", a expliqué à l'AFP le coordinateur de LFI et directeur de campagne, Manuel Bompard.

 

- Le Bourget, lieu symbolique -

 

Car cet événement suit la sortie en librairie vendredi du programme présidentiel des Insoumis, nouvelle version de "L'Avenir en commun", forte de 1.069 propositions.

 

Le mouvement de gauche radicale, toujours féru d'innovations technologiques, entend donner à voir de manière originale à quoi ressemblerait son programme appliqué.

 

"On diffusera un court métrage, entre fiction et réalité, avec des passages entre la scène et l'écran, pour montrer comment +L'Avenir en commun+ va changer la vie des gens", a indiqué l'entourage de Jean-Luc Mélenchon à l'AFP.

 

À gauche, le choix du Parc des expositions du Bourget comme lieu de meeting n'est pas anodin.

 

C'est là que le candidat socialiste François Hollande avait tenu en janvier 2012 son meeting devenu célèbre, au cours duquel il avait asséné : "Mon véritable adversaire (...) c'est le monde de la finance."

 

C'est également là - et cette référence parle sûrement davantage à Jean-Luc Mélenchon qui honnit François Hollande - que le président socialiste François Mitterrand avait tenu son dernier meeting de premier tour lors de sa campagne pour sa réélection en 1988.

 

François Mitterrand est, en effet, toujours une figure tutélaire pour le candidat Insoumis, qui fut membre du PS pendant plus de 30 ans.

 

- "Projet de démantèlement" -

 

Donné largement battu au second tour par Marine Le Pen dans tous les sondages, Jean-Luc Mélenchon, figure très clivante, est au défi de se montrer rassembleur, comme l'avait fait François Mitterrand, pour pouvoir espérer l'emporter.

 

La nouvelle affiche de campagne de Jean-Luc Mélenchon, dévoilée vendredi, n'est pas sans rappeler celle de François Mitterrand en 1981, "La force tranquille".

 

Comme le socialiste à son époque, Jean-Luc Mélenchon pose devant un fond rural, le site de Gergovie en Auvergne qu'il affectionne particulièrement, alors que son mouvement est connu pour être surtout implanté dans les grandes villes et leurs banlieues. 

 

L'affiche est recouverte du slogan "Liberté, égalité, solidarité". "La fraternité est un comportement individuel, la solidarité est un projet politique", a expliqué Manuel Bompard.

 

Les adversaires de Jean-Luc Mélenchon n'ont pas manqué de critiquer le programme de LFI.

 

Pour Marine Le Pen, c'est un "projet de démantèlement de la France", qui "pousse jusqu’à son terme la logique de déconstruction engagée par Emmanuel Macron".

 

Son adversaire Insoumis lui a rétorqué que le Rassemblement national, "c'est presque du Edouard Philippe" par son "refus de la retraite à 60 ans" ou "de la hausse du Smic".

 

Le candidat Horizons a lui attaqué la "vision communautariste" et "l'économie administrée" du leader LFI. [AFP]

 
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