La relation entre l’Afrique et la Chine relève d’une actualité particulière. Elle met en scène d’un côté un géant mondial de l’économie et des affaires, sûr de sa force, lourd de son milliard et demi d’habitants et, de l’autre, une Afrique éclatée en 54 États, qui a tout à offrir mais n’arrive pas à en tirer profit.
La complexité de cet enjeu est l’objet de plusieurs programmes de recherche à travers le monde, signe qu’il ne laisse personne indifférent : décideurs politiques, groupes de pression économique, mouvements de la société civile, organisations internationales.
Plus encore, la relation Afrique-Chine fait l’objet d’un intérêt particulier de la part de vieilles puissances coloniales et du bloc occidental de manière plus générale.
A côté du narratif chinois d’un partenariat « gagnant-gagnant » avec l’Afrique, l’Europe et les USA développement un narratif tout à fait opposé, accusant la Chine de mauvaises pratiques.
Dans ce bras de fer idéologico-économique, la presse n’est pas en reste. Chacun des blocs tente d'utiliser les médias acquis à sa cause pour dérouler son propre récit.
Et la presse africaine dans tout ça ? C’est-à-dire nous ? Il faut l’admettre, sa couverture des rapports Afrique-Chine reste fragmentée, peu profonde et donc, peu impactante. S’il ne s’agit pas d’une reprise pure et simple de ce que disent les grands médias du monde. Or, sur cette question cruciale, l’Afrique a besoin de faire entendre sa perspective, sans céder aux appels de la Chine ni aux avertissements de l’Occident. Il nous faut un regard africain et critique, qui nous soit propre.
C’est dans ce contexte que l’École Supérieure de Journalisme, des Métiers de l’Internet et de la Communication (E-jicom, Sénégal)) et le Wits Centre for Journalism de l’Université de Witwatersrand (Afrique du Sud), ont organisé en mars 2026 à Dakar un atelier de formation axé sur la coopération entre l’Afrique et la Chine, à l’intention d’une douzaine de journalistes venus de sept pays d’Afrique francophone.
Pendant trois jours, avec l’apport d’experts de la question, ces journalistes ont exploré plusieurs dimensions qui structurent ladite relation : la nature des partenariats et les rapports de force ; les investissements chinois sur le continent ; l’impact sur les économies locales ; les opportunités de diversification qu’offre Beijing ; les narratifs servis de part et d’autre sur cette coopération ; etc.
Au sortir de l’atelier, certains des participants et leurs médias respectifs ont décidé de poursuivre l’initiative, individuellement ou en groupes, par la production d’une série d’articles sur ce sujet brûlant, avec l’appui et l’encadrement éditorial de l’’E-jicom.
C’est le produit de ce travail de plusieurs mois que nous vous livrons à partir du 7 octobre 2026, en espérant qu’il apportera une perspective véritablement africaine à tous ceux qui s’intéressent aux relations afro-chinoises.
Les différents partenaires de ce projet collaboratif sont : Dakaractu (Sénégal) DataCameroon (Cameroun), Impact.sn (Sénégal) Mali Tribune (Mali) Ouestaf News (Afrique de l’Ouest), TogoTopNews (Togo).