À l’occasion d’un rassemblement à Niamey, le 11 février dernier, un haut général de la junte au pouvoir au Niger a appelé la population à se préparer à entrer en guerre avec la France. Depuis le putsch militaire de 2023, les relations entre la France et le Niger sont très tendues.
C’est une déclaration qui n’est pas passée inaperçue. Le 11 février dernier, alors qu’un meeting était organisé à Niamey, la capitale du Niger, un cadre de la junte au pouvoir depuis juillet 2023 a déclaré : "Sachez-le, on va entrer en guerre avec la France".
Comme le rapportent plusieurs de nos confrères, dont 20 minutes, le général Amadou Ibro, chef d'état-major particulier du chef de la junte, Abdourahamane Tiani, a martelé : "On n'était pas en guerre, c'est maintenant qu'on va en guerre avec la France".
“Guerre informationnelle”
Selon lui, la mauvaise situation économique de la France serait notamment due au Niger, et c’est pour cette raison qu’une guerre pourrait éclater. Les Nigériens présents ont, selon des vidéos de l'événement diffusées sur les réseaux sociaux, applaudi et crié “À bas la France”. "Il n'est pas question d'intervention française au Niger", a fait savoir le porte-parole de l'état-major des Armées, le colonel Guillaume Vernet. Selon lui, il s’agit “de guerre informationnelle".
Passé colonial
Depuis le putsch militaire, les relations entre Niamey et Paris sont très tendues. En effet, la junte au pouvoir accuse la France de multiples tentatives de déstabilisation du pays. Fin janvier, après une attaque survenue à l’aéroport international de Niamey, le général Tiani a même accusé Emmanuel Macron d’être le "sponsor" de jihadistes liés à l'État islamique dans le pays.
Des militaires, en poste pour lutter contre les jihadistes au sein de l’opération Barkhane, avaient justement été retirés du terrain après le putsch. Par ailleurs, le Niger accuse la France d’avoir pillé ses ressources alors que le pays était sous son joug colonial. [6Medias]