Niger : le gouvernement crée une nouvelle société d’uranium

Mardi 19 Mai 2026

Une des installations d'uranium que gérait la société française Orano au Niger

Le gouvernement nigérien a annoncé, lundi 18 mai 2026, la création d’une nouvelle société d’uranium qui marque une rupture définitive avec l’opérateur français ORANO. 

 

« A cet effet, le patrimoine de la SOMAÏR SA nationalisée tel que transféré à l’Etat est dévolu à la Société TSUMCO SA », a ajouté la même source, précisant que la dénomination "Teloua" fait référence « à cette nappe aquifère souterraine sur laquelle se trouvent les installations de la mine COMINAK exploitée par Orano/Areva de 1978 à 2021, avec des impacts dramatiques sur les sols, les eaux, la biodiversité et les écosystèmes sahariens autour d’Arlit ». 

 

Toujours selon le communiqué du gouvernement, la dénomination de la nouvelle société a été prise « par devoir de mémoire pour les générations présentes et futures et par engagement résolu à poursuivre en justice les auteurs de cette entreprise criminelle ». 

 

Depuis 1970, l’uranium nigérien était exploité par la société française AREVA, devenue ORANO, à travers ses deux filiales que sont la Société minière de l’Aïr (SOMAÏR) et la Compagnie minière d’Akouta (COMINAK). Cette dernière a été fermée le 31 mars 2021 suite à l’épuisement de ses gisements. 

 

En juin 2024, en pleine brouille diplomatique entre Niamey et Paris, les autorités militaires nigériennes ont retiré le permis d’exploitation de l’uranium à l’opérateur ORANO. Un an plus tard, les mêmes autorités ont annoncé la nationalisation de la SOMAÏR. 

 

Jugeant les décisions de Niamey "irrégulières", ORANO avait engagé des procédures judiciaires auprès des instances internationales compétentes. 

 

De leur côté, les autorités nigériennes ont annoncé une plainte contre l’opérateur français pour l’abandon de « plusieurs millions de tonnes » de déchets radioactifs sur les sites exploités par ses filiales. 

 

« Cette société a porté et continue de porter atteinte à la santé des populations nigériennes par la planification des crimes de masse caractérisés par l’emploi de substances radioactives, de mise en danger de la vie d’autrui et de dégradations de l’environnement se refusant même d’obtempérer à des décisions de justice rendues par nos tribunaux qui lui enjoignaient de procéder à l’enlèvement sinon au traitement de plusieurs millions de tonnes des déchets radioactifs laissés à l’air libre avec toutes les conséquences que le monde de la science connaît et que nos communautés vivent horriblement », avait indiqué le ministre nigérien de la justice Alio Daouda qui annonçait le dépôt de la plainte. [AA]

 
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