Au Niger, cela fait 6 mois que Moussa Tchangari est privé de liberté. Figure de la société civile locale, Secrétaire général de l'ONG Alternative espaces citoyens, il a été arrêté chez lui à Niamey le 3 décembre dernier puis inculpé, un mois plus tard, d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, atteinte à la défense nationale et complot contre l'autorité de l'État. Transféré à la prison de Filingué, à 170 km de Niamey, Moussa Tchangari n'a pas été entendu depuis.
Ce 3 juin 2025, quatre organisations internationales de défense des droits humains appellent à sa libération : la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Amnesty, Human Rights Watch (HRW) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).
Ousmane Diallo, chercheur principal sur le Sahel pour Amnesty International, fait cette remarque : « (…) Ce qui est dommageable, ici, pour la procédure en cours et pour l'État de droit au Niger, c'est qu’on se rend compte que les acteurs qui expriment de manière publique leur liberté de ton et de dissidence sont arrêtés et détenus dans le cadre d'une stratégie judiciaire qui vise à les garder en détention le plus longtemps possible pour les punir, entre guillemets, et non pour les traduire devant la justice et leur permettre ainsi de se défendre. C'est ça le nœud du problème. » [RFI]