Municipales 2026 : à Paris, Grégoire en tête, Chikirou maintient sa liste et complique l’équation du second tour

Lundi 16 Mars 2026

Arrivé largement en tête au premier tour des municipales à Paris, Emmanuel Grégoire espérait rassembler la gauche pour le second tour. Mais la candidate insoumise Sophia Chikirou a annoncé maintenir sa liste, accusant le socialiste d’avoir refusé sa proposition de fusion. Une décision qui ouvre la voie à un second tour très incertain face à Rachida Dati.

 

Le premier tour des élections municipales a rendu son verdict à Paris, mais les équilibres politiques restent loin d’être figés. Lundi matin, la candidate de La France insoumise Sophia Chikirou a annoncé qu’elle maintiendrait sa liste au second tour, après l’échec des discussions avec Emmanuel Grégoire, arrivé en tête dimanche soir.

"J'avais annoncé que si je n'avais pas d'appel d'Emmanuel Grégoire, je déposerais ma liste à la préfecture. Voilà, c'est fait", a déclaré la députée sur BFMTV.

 

Arrivée en troisième position derrière le candidat socialiste soutenu par Anne Hidalgo et la candidate LR et MoDem Rachida Dati, Sophia Chikirou affirme avoir proposé une fusion à la liste de gauche conduite par Emmanuel Grégoire. Une main tendue que ce dernier aurait refusée.

"C'est Emmanuel Grégoire qui refuse la main tendue, ce n'est pas moi", a-t-elle insisté, accusant le député PS d’attitude "sectaire".

 

La décision de la candidate insoumise fragilise l’hypothèse d’un rassemblement de la gauche avant le second tour.

Dimanche soir, la liste PS-PC-Écologistes-Place publique menée par Emmanuel Grégoire est arrivée largement en tête du premier tour avec 37,98 % des suffrages selon les résultats officiels du ministère de l’Intérieur. Rachida Dati suit avec 25,46 %. Sophia Chikirou a obtenu 11,72 % des voix, à égalité avec la liste Horizons-Renaissance de Pierre-Yves Bournazel.

 

Dans un scrutin municipal parisien déjà complexe, où les électeurs votent par arrondissement pour des listes désignant les conseillers d’arrondissement et les conseillers de Paris, chargés ensuite d’élire le maire, la configuration du second tour s’annonce désormais particulièrement ouverte.

 

"Madame, l'heure est grave" : Sarah Knafo s'adresse directement à Rachida Dati

 

La candidate Reconquête Sarah Knafo a, elle aussi, franchi la barre des 10 % avec 10,40 % des suffrages, se qualifiant in extremis pour le second tour. Elle a adressé lundi matin un message à Rachida Dati, lui proposant "un accord de femme à femme"... resté lettre morte, la maire du 7e arrondissement réélue ayant préféré fusionner sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel. "Ensemble, nous avons le pouvoir de battre la gauche", avait-elle pourtant insisté dans une vidéo postée sur X.

 

"Madame, l'heure est grave. Le combat va être serré. (…) Il nous reste une chance, et une seule. Le rassemblement de toutes nos forces. Les résultats du centre ne suffiront pas à l'emporter. Toutes les familles de la droite attendent que nous nous rassemblions."

 

Neuf listes pour un seul fauteuil

 

Neuf listes avaient été déposées pour ces élections municipales à Paris. Emmanuel Grégoire, à qui Anne Hidalgo a officiellement apporté son soutien, mène une liste d'union à gauche avec les socialistes, les écologistes, les communistes et leurs alliés.

À droite, Rachida Dati dirige la liste des Républicains et bénéficie du soutien de leurs alliés de l'UDI et du MoDem. Sophia Chikirou est la candidate de La France insoumise. Elle mène une liste baptisée "le Nouveau Paris Populaire". "Populaire" étant un terme énormément repris par les candidats LFI.

 

Ensuite, à l'extrême droite, on retrouvait deux listes : celle de Thierry Mariani pour le Rassemblement national, et celle de Sarah Knafo pour Reconquête !. Trois autres listes d'extrême gauche étaient en lice sur ce premier tour des élections municipales à Paris. Mahel Pierot-Guimbaud menait une liste au nom sans équivoque : "Les coupes budgétaires à Paris ça suffit!" Marielle Saulnier portait la candidature de Lutte ouvrière - le camp des travailleurs, et Blandine Chauvel celle du "NPA Révolutionnaires - Paris ouvrière et révolutionnaire".

 

La fin de l’ère Hidalgo

 

Après douze ans dans le fauteuil de maire de Paris, Anne Hidalgo devra faire ses adieux à l'issue du second tour de ces élections municipales de 2026. La socialiste avait succédé à Bertrand Delanoë en 2014, avant d'être réélue en 2020. Il y a six ans, elle avait battu Rachida Dati avec près de 14 points d'avance (48,49 % contre 34,31 %). Agnès Buzyn, candidate de la majorité, avait fait pâle figure avec ses 14,87 %. [6Medias]

 
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