Moyen-Orient - Des incidents maritimes dans le Détroit d'Hormuz illustrent la fragilité de la trêve

Mercredi 22 Avril 2026

Une série d’incidents maritimes s’est produite mercredi dans et à proximité du stratégique détroit d’Ormuz au cœur du bras de fer entre Washinton et Téhéran, illustrant la fragilité de la trêve prolongée unilatéralement par Donald Trump avec l’Iran.

 

Quelques heures après l’annonce par le président américain de la prolongation du cessez-le-feu, en vigueur depuis le 8 avril, les Gardiens de la Révolution iraniens, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz, soumis à un double blocus américain et iranien.

 

« Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne », selon un communiqué des Gardiens.

 

Quelques heures avant, l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait annoncé qu’un porte-conteneurs avait été touché par des tirs iraniens au large d’Oman, et qu’un cargo quittant le détroit d’Ormuz avait été ciblé par des tirs d’origine non précisée au large de l’Iran.

 

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve, alors que le stratégique détroit d’Ormuz est devenu un enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran.

 

Donald Trump a affirmé que l’Iran « s’effondrait financièrement » en raison du blocus de cette voie maritime cruciale pour le transport mondial d’hydrocarbures.

 

De son côté, Téhéran a assuré que le blocus naval américain n’avait pas d’impact sur la capacité du pays à procurer des biens de première nécessité et des denrées alimentaires à la population.

 

Impasse diplomatique

 

Sur le plan diplomatique, la situation reste confuse, en l’absence à ce stade de reprise des discussions entre les deux belligérants pour tenter de trouver une fin durable à une guerre qui a fait des milliers de morts – essentiellement en Iran et au Liban – et ébranlé l’économie mondiale.

 

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l’Iran mardi soir, à quelques heures de l’expiration annoncée, afin de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l’égide des médiateurs pakistanais.

 

Il a parlé d’une extension jusqu’à ce que « l’Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre ».

 

Washington et Téhéran étaient censés reprendre en début de semaine des discussions à Islamabad, après une première session le 11 avril, mais leurs délégations ne s’y sont toujours pas rendues, l’Iran conditionnant la reprise des pourparlers à la levée du blocus naval américain.

Téhéran avait aussi menacé de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant davantage en péril l’approvisionnement pétrolier mondial.

 

« Si leur territoire et leurs installations sont mis au service des ennemis pour attaquer la nation iranienne, ils peuvent dire adieu à la production pétrolière au Moyen-Orient », avaient averti les Gardiens de la Révolution.

 

Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a dit espérer que les deux parties parviendraient « à conclure un “accord de paix” lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad ». Il a reçu mercredi matin l’ambassadeur iranien à Islamabad.

 

Les cours de pétrole, qui ont flambé depuis le déclenchement du conflit, se sont affichés sans direction mercredi en Asie, après l’annonce de la prolongation du cessez-le-feu.  

 

Mercredi et jeudi, le Royaume-Uni doit accueillir des militaires d’une trentaine de pays pour discuter de la formation d’une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d’Ormuz. [AFP]

 
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