« Même quand les conflits cessent, le viol se perpétue » : en RDC, le fléau des violences sexuelles

Jeudi 19 Aout 2021

Survivre au viol en RDC (1/4). A l’hôpital de Panzi, situé dans l’est du pays, le docteur Denis Mukwege et son équipe voient affluer femmes et enfants victimes de miliciens, de militaires ou de civils. Anita* fait les cent pas dans l’imposante salle d’hospitalisation du pavillon des survivantes.
 
Depuis l’aube, sa fillette de 6 ans est sur la table d’opération, entre les mains du docteur Denis Mukwege. Le gynécologue tente de « réparer » la petite, dont le rectum a été « très abîmé » lors d’un viol. « Un homme qui travaillait à la mine près de chez nous a enlevé notre fille. Il l’a violée dans le carré minier », murmure la jeune mère. « Aidez-moi à faire arrêter cet homme ! », supplie-t-elle en berçant le bébé qu’elle porte dans son dos.
 
C’est grâce au signalement des médecins du village que sa fille a pu être transférée à l’hôpital de Panzi, situé à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Au sein de la structure bâtie sur les hauteurs de la capitale du Sud-Kivu et dirigée par Denis Mukwege depuis sa création en 1999, une aile est dédiée aux victimes de violences sexuelles. Le pavillon des survivantes héberge deux immenses salles d’hospitalisation, avec une centaine de lits alignés les uns à côté des autres, ce qui lui confère une allure d’hôpital de campagne. (Le Monde)
 
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