Le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, a accordé jeudi la grâce présidentielle à Yann Christian Bernard Vezilier, ressortissant français condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État, a annoncé le gouvernement malien.
La décision a été prise par décret présidentiel en date du 13 août 2026, selon un communiqué du gouvernement de la Transition.
La mesure de clémence est assortie de « l’éloignement immédiat » de Yann Christian Bernard Vezilier du territoire malien, précise le communiqué.
Le gouvernement affirme que la grâce présidentielle « ne remet pas en cause » les faits établis par la justice malienne et souligne que l’intéressé a été jugé à l’issue d’un procès contradictoire au cours duquel, selon les autorités, les droits de la défense ont été respectés.
Les autorités maliennes soutiennent également que la procédure judiciaire s’est déroulée sans interférence et conformément aux principes de l’État de droit, à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice.
Le gouvernement a par ailleurs salué « un pays frère » dont les bons offices, menés avec discrétion et dans le respect de la souveraineté du Mali, auraient contribué à l’obtention de cette grâce. Le communiqué ne précise pas l’identité de ce pays.
Cette décision intervient alors que les autorités maliennes mettent en avant la volonté du président de la Transition de privilégier la paix, le dialogue et les valeurs de pardon et d’hospitalité.
Le gouvernement rappelle toutefois que la grâce présidentielle n'interrompt pas le fonctionnement de la justice et que celle-ci « poursuit son rôle » dans les procédures en cours, dans le respect des règles de l’État de droit.
Yann Christian-Bernard Vézilier est un lieutenant-colonel français dont le nom est cité en août 2025 dans le cadre d’une affaire présumée de tentative de déstabilisation des institutions en République du Mali.
Le procureur général près la cour d’appel de Bamako avait annoncé une enquête portant sur des faits présumés d’atteinte à la sûreté de l’État et à la souveraineté nationale.
Selon les autorités maliennes, l’officier aurait adopté un « comportement peu orthodoxe » et entretenu des contacts avec des acteurs civils et militaires.
Bamako soupçonne ces contacts d’avoir visé à déstabiliser les institutions et à soutenir des entreprises terroristes. Le dossier a été confié au pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.
Cette affaire s’inscrivait dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre le Mali et la France depuis la fin de la coopération militaire française dans le pays.
Les autorités françaises avaient rejeté catégoriquement les accusations, qu’elles qualifiaient de graves, infondées et politiquement motivées.
Paris affirmait que Vézilier n’a jamais participé à des activités de déstabilisation du Mali ni apporté de soutien à des groupes terroristes.
La France n'a pas, pour l'heure, commenté la grâce accordée à Vézilier. [AA]