Les cicatrices de la guerre en Ethiopie, entre Tigré et Afar

Jeudi 16 Juin 2022

En Ethiopie, le Premier ministre Abiy Ahmed a évoqué hier [14.06.22] pour la première fois de possibles négociations de paix à venir avec les rebelles de la région du Tigré. Le chef du gouvernement a même annoncé qu'un comité avait été mis en place. Depuis la trêve de mars, les armes se sont tues entre l'armée fédérale et les combattants tigréens, mais le conflit dans le nord de l'Ethiopie n'est toujours pas officiellement terminé.
 
Une reportrice de la DW, Mariel Müller, a pu se rendre à Abaala, à la frontière entre les régions du Tigré et de l'Afar. Des hommes fidèles au TPLF tigréen y ont attaqué en décembre dernier la localité d'Abala. Mariel Müller a pu se rendre compte, sur place, six mois plus tard, des destructions et des souffrances de la population, toujours omniprésentes.
 
Avec ses maisons éventrées à perte de vue, Abaala a des airs de ville fantôme. Parmi les survivants de l'attaque du mois de décembre, il y a le maire, Tahir Hassen. Il raconte que les combattants tigréens ont fait du porte-à-porte et n'ont épargné personne : "Ils tiraient à l'arme lourde sur la ville, c'était comme une pluie, témoigne-t-il.
 
Les civils qui étaient ici ont tous été tués. Plus de 225 personnes sont mortes. (...) Ils ont tué les personnes âgées dans leurs maisons. Et d'autres qui tentaient de s'échapper, ils les ont poursuivis et tués." Tahir Hassen raconte aussi que plusieurs femmes se sont faites violer. (DW)
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