Les attaques coordonnées qui se sont produites dans tout le Mali les 25 et 26 avril ne constituent pas une escalade isolée, mais sont plutôt la manifestation la plus récente d’une trajectoire sécuritaire en détérioration constante.
Ces dernières années, les groupes islamistes militants au Mali, notamment ceux qui constituent le Jama’at Nusrat al Islam wal Muslimeen (JNIM), ont étendu leur portée, augmenté leur coordination opérationnelle et intensifié leur pression sur les centres militaires, politiques et économiques clés du pays.
Les attaques, revendiquées par le JNIM et conduites en coordination avec des forces séparatistes Touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont ciblé des sites allant de Bamako dans le sud, au centre et au nord du Mali. L’ampleur et la répartition géographique des attaques mettent en évidence un schéma qui se développe depuis longtemps et qui reflète un environnement sécuritaire de plus en plus fragile pour la junte qui a pris le pouvoir des mains d’un gouvernement élu par la population en 2020. ...
Ces attaques illustrent la capacité du JNIM à opérer de manière coordonnée sur de très longues distances. En effet, environ 1 500 km séparent Bamako de Kidal. Ces évènements, loin de constituer des incidents isolés, reflètent un effort synchronisé à cibler des centres névralgiques dans toute l’architecture sécuritaire du Mali. ...
Les attaques contre Bamako et Kati sont particulièrement importantes. Ces lieux constituent le cœur de l’autorité politique et militaire de la junte. ... Depuis la prise de pouvoir par la junte, la détérioration de la sécurité se déroule dans un contexte de resserrement systématique de l’espace politique et civique.
[Centre d’études stratégiques de l’Afrique]