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Les Sud-Africains aux urnes pour les municipales, sur fond de services publics défaillants

Mercredi 4 Novembre 2026

Les Sud-Africains se rendent aux urnes mercredi pour les élections municipales, dernière échéance électorale avant le scrutin général de 2029, au terme d'une campagne centrée sur la crise des services publics.

 

Confrontés à des réseaux routiers, d'eau et d'électricité à bout de souffle, des inégalités toujours aussi criantes et un chômage supérieur à 30 %, ils sont plus de 29 millions d'électeurs inscrits.

 

Mais seulement une moitié devrait se déplacer d'ici la fermeture des bureaux de vote à 21H00 (19H00 GMT). Près de quatre heures après le début du scrutin à 07H00 locales, les opérations de vote se déroulaient dans le calme dans la première économie du continent.

 

Dans le quartier populaire d'Helenvale à Gqeberha (ex-Port Elizabeth), Shane Jacob, chômeur de 26 ans, partage une cigarette avec deux amis et regarde des électeurs se rendre au bureau de vote.

 

"Moi, voter? Plus jamais. Je vote depuis 2018 et qu'est-ce que ça m'a apporté? Rien. Ma vie n'a pas changé et les choses ont empiré", explique le jeune homme désabusé.

 

L'historique Congrès national africain (ANC), qui a cristallisé les critiques de ses adversaires, peut craindre un nouveau recul.

 

Passé sous le seuil symbolique de la majorité des votes lors du précédent scrutin local de 2021, avec 45,5 % des voix, le parti de Nelson Mandela a encore vu son soutien s'effriter aux élections générales de mai 2024 (40 %) et pourrait flirter cette fois avec les 30 %, selon divers sondages.

 

A mi-chemin des prochaines élections générales, les résultats définitifs attendus dimanche devraient offrir un aperçu des dynamiques à l'oeuvre.

 

Ils devraient aussi avoir des répercussions sur le congrès de l'ANC de décembre 2027, qui doit désigner le prochain président du parti, traditionnellement son candidat à la présidence.

 

Cyril Ramaphosa, qui ne peut se représenter après deux mandats, s'est fortement impliqué dans la campagne.

 

Le visage affable de celui qui reste l'homme politique le plus populaire du pays, selon de récents sondages, s'affiche sur les posters de campagne de l'ANC à Johannesburg et ailleurs.

 

Ce week-end, le chef d'Etat, à la tête de la première économie du continent depuis 2018, a mouillé son polo vert et jaune aux couleurs du parti lors de deux meetings.

 

- "Nous voulons le changement" -

 

"Nous sommes le seul parti politique à faire preuve d'honnêteté et de transparence, à dire non seulement ce que nous avons accompli, mais aussi ce que nous avons raté. Et on reconnaît qu'il y a eu en effet des lacunes. Il y a des choses qu'on aurait dû mieux faire, plus vite", a déclaré Cyril Ramaphosa samedi depuis Polokwane (nord).

 

L'élection risque de se jouer sur ce que les électeurs vivent au quotidien, plutôt que sur leurs appartenances politiques, estime l'analyste politique Kingsley Makhubela, évoquant l'eau, l'électricité, les routes et l'assainissement.

 

"Nous voulons le changement. La mauvaise qualité des services publics et le chômage restent une préoccupation majeure pour moi", confirme Freddy Masia, 62 ans, interrogé par l'AFP dans le grand township de Soweto, près de Johannesburg.

 

"Il nous arrive parfois de ne pas avoir d'eau ou d'électricité", poursuit l'employé d'imprimerie.

 

A l'extérieur de son bureau de vote, comme ailleurs dans le pays, les principaux partis ont installé des tonnelles aux couleurs de leur formation, où des bénévoles distribuent des T-shirts aux passants.

 

Le statut de première formation politique du pays ne semble pas menacé pour l'ANC. Excepté l'abstention, le recul du parti ne nourrit pas de segment en particulier dans un paysage politique sud-africain toujours plus fragmenté.

 

Et de nombreuses municipalités devront en passer, comme plus d'un tiers actuellement, par des coalitions parfois bancales, avec des maires survivant sans majorité.

 

Parmi les huit plus grandes villes du pays, les métropoles, cela devrait être le cas à Pretoria comme à Johannesburg.

 

Dans cette dernière, Helen Zille, figure clivante de l'Alliance démocratique (DA), principal rival historique de l'ANC devenu aujourd'hui son partenaire au sein du gouvernement d'unité nationale, espère devenir la première maire blanche de la ville de la période post-apartheid.

 

Deux "métros" pourraient voir des victoires sans conteste : Le Cap avec la DA et Durban, la grande ville de la côte est, fief du parti dissident MKP de l'ancien président Jacob Zuma.

 

"Nous allons commencer par reprendre notre pays ici", a-t-il harangué dimanche.

 

Épicentre des manifestations antimigrants secouant le pays depuis des mois, Durban demeure le dernier point chaud de la contestation. Un ressortissant étranger y a été lynché par la foule fin octobre.

 

Le président a déployé dans cette province majoritairement zouloue du KwaZulu-Natal (KZN) un contingent de 550 militaires. [AFP]

 
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