Le Wall Street Journal a révélé, en citant des responsables américains, que les États-Unis réévaluent actuellement l’ampleur de leur présence militaire au Koweït compte tenu des pertes considérables entraînées par les frappes de missiles et de drones iraniens contre les positions américaines dans la région.
Selon le journal américain, le Pentagone étudie effectivement la possibilité de réduire ses effectifs militaires au Koweït, malgré une longue présence dans le pays. Les frappes de représailles iraniennes ont mis en lumière comment la présence militaire américaine au Koweït, longtemps présentée comme une garantie de sécurité, a en réalité rendu le pays plus vulnérable.
Pour Douglas Silliman, ancien ambassadeur des États-Unis au Koweït « la population koweïtienne considère désormais la présence américaine comme un facteur de risque ».
Il est à évoquer qu’après l’expulsion de l’armée irakienne du territoire koweïtien en 1991, le Koweït sert de base militaire importante pour les États-Unis. Il a également été utilisé comme point de lancement stratégique pour l’invasion américaine contre l’Irak en 2003 et a continué de soutenir les troupes américaines stationnées sur son territoire pendant les dix années suivantes.
Le Koweït considérait le déploiement de troupes américaines comme le moyen le plus efficace de protéger ses intérêts, tout en aidant les États-Unis à démontrer leur puissance militaire dans la région.
Néanmoins, les relations entre Washington et Koweït City font actuellement l’objet d’un réexamen.
Lors de la guerre non provoquée lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran fin février 2026, des pays du golfe Persique, dont le Koweït, servaient de base opérationnelle pour l’offensive contre l’Iran. Par conséquent, la République islamique d’Iran a reconnu son droit à la défense légitime de son territoire et a lancé d’importantes frappes de missiles et de drones contre des bases militaires américaines situées dans ces pays.
Les frappes iraniennes ont fortement affecté les installations militaires américaines au Koweït. Une frappe en particulier, en mars, a coûté la vie à six soldats américains.
« La question est de savoir si, dans le contexte de la poursuite du conflit avec l’Iran, une présence américaine aussi importante reste justifiée », s’est interrogée Elizabeth Dent, chercheuse à l’Institut de Washington pour la Politique du Proche-Orient (WINEP) et ancienne responsable du Pentagone.
Le vendredi 31 juillet, l’armée iranienne a de nouveau ciblé des installations militaires américaines stratégiques sur une base aérienne au Koweït à l’aide de drones kamikazes.
L’armée a souligné par communiqué que cette frappe s’inscrivait dans le cadre de la 27e phase de l’opération Saegheh (Foudre), en réponse aux récentes agressions perpétrées par l’armée américaine terroriste contre l’Iran, notamment son attaque féroce contre une propriété résidentielle sur l’île de Qeshm. Les drones iraniens chargés d’explosifs ont ciblé des hangars d’avions de chasse, des systèmes de communication par satellite et des dépôts de matériel sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït qui joue un rôle essentiel dans les opérations aériennes et de surveillance américaines, soulignant son importance en tant que « centre essentiel du soutien aérien pour l’armée américaine, en plus de son rôle opérationnel.
Le communiqué dénonce l’offensive menée par les États-Unis contre des zones résidentielles à Qeshm, la qualifiant de violation flagrante des principes humanitaires et de nouvel exemple des crimes de guerre commis par les États-Unis.
Il faut dire que les frappes de représailles iraniennes ont fait bien plus de dégâts aux installations militaires américaines de la région que ce que Washington a voulu laisser entendre.
Une précédente enquête du Wall Street Journal a pointé des dégâts importants au quartier général de la Marine américaine à Bahreïn, où des bâtiments entiers de commandement et des infrastructures de communication par satellite ont été gravement touchés, et où la plupart des soldats ont été évacués. [Press TV]