Le responsable de la sécurité de l’équipe de France de football mis en examen pour corruption

Samedi 19 Septembre 2026

Mohamed Sanhadji (g.) et Kilian Mbappé

Mohamed Sanhadji, responsable logistique et sécurité de l’équipe de France de football, a été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur un don de 60 300 euros reçu de Kylian Mbappé après la Coupe du monde 2022, a indiqué le parquet de Paris. 

 

Franceinfo rapporte que l’ancien policier est notamment poursuivi pour des faits de corruption, de trafic d’influence, de recel de détournement de fonds publics, d’escroquerie et de blanchiment de fraude fiscale.

 

La mise en examen est intervenue le 16 septembre, après une garde à vue. Selon les éléments communiqués par le parquet, Sanhadji fait l’objet de plusieurs qualifications pénales, dont « recel de détournement de fonds public », « corruption active de personne dépositaire de l’autorité publique », « trafic d’influence actif sur personne dépositaire de l’autorité publique », « trafic d’influence passif par personne dépositaire de l’autorité publique », « trafic d’influence international passif » et « corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique ».

 

Il est également mis en examen pour escroquerie et blanchiment de fraude fiscale. À ce stade, la mise en examen ne constitue pas une condamnation et Mohamed Sanhadji reste présumé innocent.

 

Un don de 60 300 euros au cœur de l’enquête

 

L’affaire remonte à juin 2023, lorsque Mohamed Sanhadji a reçu un chèque de 60 300 euros de Kylian Mbappé. Cette somme provenait de la prime perçue par le capitaine des Bleus à l’issue du Mondial 2022 au Qatar.

 

Le versement a été signalé en juillet 2024 à Tracfin, la cellule de renseignement financier du ministère français de l’Économie et des Finances, par un établissement bancaire. Ce signalement a conduit à l’ouverture d’une enquête portant notamment sur des soupçons de travail dissimulé et de blanchiment de fraude fiscale.

 

Une information judiciaire a ensuite été ouverte en janvier 2026, avant la mise en examen de Mohamed Sanhadji par les magistrats instructeurs.

 

D’importantes restrictions judiciaires

 

Le contrôle judiciaire imposé à l’ancien policier prévoit plusieurs interdictions. Il lui est notamment interdit d’entrer en contact avec les joueurs actuels et anciens des sélections nationales, le staff de l’équipe de France, les sélectionneurs actuels et passés ainsi que les dirigeants et personnels actuels et anciens de la Fédération française de football.



Mohamed Sanhadji
 

Il ne peut pas non plus, sauf autorisation expresse d’un magistrat, se rendre au siège de la FFF, au centre d’entraînement de Clairefontaine, au Stade de France ou au Parc des Princes.

 

Un cautionnement de 80 000 euros lui a par ailleurs été imposé.

 

Son contrôle judiciaire lui interdit également d’exercer toute activité au sein de la Police nationale ainsi que toute activité professionnelle dans le secteur du sport professionnel, notamment pour un club ou une fédération sportive française ou étrangère.

 

Un ancien policier proche des Bleus

 

Mohamed Sanhadji a été chargé de la sécurité et de la liaison auprès de l’équipe de France à partir de 2004. Ancien policier, il a pris une retraite anticipée de la Police nationale en décembre 2025 après une procédure administrative liée notamment à la réception du don de Kylian Mbappé.

 

Il avait ensuite été recruté par la Fédération française de football pour continuer à travailler auprès des Bleus. Il occupait des fonctions liées à la logistique et à la sécurité au sein de l’encadrement de l’équipe de France.

 

Cette mise en examen intervient alors que Zinédine Zidane doit diriger son premier rassemblement en tant que sélectionneur des Bleus. En raison de son contrôle judiciaire, Sanhadji ne pourra pas participer au rassemblement à Clairefontaine.

 

La FFF se réserve la possibilité d’agir

 

Selon une source de la Fédération française de football citée par Franceinfo, la FFF ne souhaite pas commenter une procédure judiciaire en cours, tout en précisant qu’elle « en tirera les conséquences » concernant l’intéressé. La même source a également indiqué que la Fédération envisageait de se constituer partie civile.

 

L’enquête judiciaire doit désormais déterminer les circonstances du versement de 60 300 euros et établir si les faits reprochés à Mohamed Sanhadji sont constitutifs des infractions retenues par les magistrats instructeurs.[AA]

 
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