Le chef de la diplomatie iranienne attendu à Islamabad, malgré l'absence des Américains

Dimanche 26 Avril 2026

La reprise du dialogue américano-iranien sous médiation pakistanaise s'écrit en pointillés dimanche après l'annulation par Donald Trump du déplacement de ses émissaires à Islamabad, où le chef de la diplomatie iranienne est attendu.

 

Le président américain a refusé que son gendre Jared Kushner et l'envoyé spécial Steve Witkoff fassent "15, 16 heures" d'avion pour des discussions qui peuvent très bien, selon lui, se tenir par téléphone.

 

"Trop de temps perdu en déplacements, trop de travail ! (...) Personne ne sait qui est aux commandes (en Iran, ndlr), y compris eux-mêmes", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

 

Des premières discussions irano-américaines s'étaient tenues il y a deux semaines à Islamabad, après la mise en place d'un cessez-le-feu. Mais malgré la crainte d'une reprise du conflit qui a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale, toutes les tentatives de les poursuivre ont pour l'instant échoué face à la fermeté affichée par Washington et Téhéran.

 

Interrogé par le média Axios pour savoir si l'annulation de ce voyage signifiait qu'il allait reprendre la guerre, Donald Trump a répondu: "Non. Cela ne signifie pas cela. Nous n'y avons pas encore réfléchi".

 

Il a déclaré que la tenue d'une réunion mardi à Islamabad avait été discutée, mais qu'il avait jugé la date trop tardive. Il a assuré qu'après l'annulation du déplacement de ses émissaires, "en moins de dix minutes", les Iraniens avaient soumis un nouveau document de négociation "bien meilleur".

 

Le président a également écarté l'hypothèse d'un lien entre l'irruption d'un homme armé au gala annuel des correspondants de la Maison Blanche à Washington et la guerre au Moyen-Orient.

 

"Je ne sais pas si cela avait quelque chose à voir avec ça, je ne pense vraiment pas", a-t-il affirmé, tout en assurant que l'incident ne l'avait pas fait "renoncer à gagner la guerre en Iran".

 

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi doit se rendre dans la capitale pakistanaise dimanche, après s'être entretenu dans la matinée avec le sultan d'Oman, Haitham ben Tariq, à Mascate.

 

A Islamabad, le chef de la diplomatie iranienne transmettra les "positions et points de vue de l'Iran sur le cadre de tout accord visant à mettre fin complètement à la guerre", selon l'agence Isna.

 

Abbas Araghchi a également échangé par téléphone dimanche avec son homologue turc Hakan Fidan, qui a lui-même discuté ensuite avec des diplomates américains, selon une source au ministère turc des Affaires étrangères.

 

- "Demi-tour vers l'Iran" -

 

Déclenché par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, le conflit régional a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale, avec notamment le blocage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz.

 

Le trafic maritime reste à l'arrêt dans ce passage par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux et désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

 

L'armée américaine a annoncé l'interception en mer d'Arabie d'un navire sous sanction "pour des activités liées au transport de produits énergétiques iraniens". Le navire a ensuite fait "demi-tour vers l'Iran sous escorte".

 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orien, "37 navires ont été redirigés depuis le début du blocus".

 

Le commandement des forces armées iraniennes a menacé les Etats-Unis d'une réponse militaire, en cas de poursuite du blocus américain des ports iraniens, dénonçant des actes de "piraterie".

 

Selon la télévision d'Etat iranienne, le président Massoud Pezeshkian a aussi prévenu que l'Iran ne s'engagerait pas dans des "négociations forcées sous la pression, les menaces et un blocus".

 

Le chef d'Etat avait auparavant appelé la population à économiser l'électricité, affirmant que, s'il n'y avait pas de pénurie pour l'instant, les Etats-Unis et Israël cherchaient à semer le "mécontentement" parmi les Iraniens. [AFP]

 
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