Le cessez-le-feu presque « dénué de sens » après de nouvelles frappes américaines

Jeudi 11 Juin 2026

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient est désormais « pratiquement dénué de sens », a estimé jeudi la diplomatie iranienne après une nouvelle nuit de bombardements américains se rapprochant de Téhéran, auxquels l’Iran a riposté en frappant ses voisins du Golfe et la Jordanie.

 

Plus de trois mois après le début du conflit, et deux après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu globalement respecté jusqu’au week-end dernier malgré des déclarations belliqueuses de part et d’autre et de laborieuses négociations, la guerre semble s’intensifier à nouveau. 

 

Il est « difficile de rester optimiste », a résumé le Pakistan, principal pays médiateur, appelant à la diplomatie et au dialogue.

 

Et si des négociateurs qataris étaient à Téhéran jusqu’à jeudi matin pour des discussions avec des responsables iraniens – menées d’après une source diplomatique en coordination avec les États-Unis – il n’est pour l’heure plus question d’accord.

 

Les États-Unis ont ciblé dans la nuit selon l’armée américaine « des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays », quand la veille seul le sud avait été visé.  

 

Trois personnes ont été blessées, d’après les médias iraniens qui ont fait état d’explosions sur l’île de Qeshm, à Minab, Sirik et dans le port de Bandar Abbas (Sud), mais aussi dans des lieux bien plus proches de la capitale.

 

L’Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq en Jordanie – tous interceptés – et a à nouveau ciblé ses voisins du Golfe.  

 

À Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris de drone. Le Koweït a brièvement fermé son espace aérien après des attaques. 

 

38e promesse

 

Mardi, Donald Trump avait promis un accord imminent avec l’Iran – pour la 38e fois depuis le début du conflit selon un décompte de CNN –, avant de faire volte-face le lendemain.  

 

« On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous », s’était emporté devant la presse le président américain, qui avait menacé plus tôt d’en faire « payer le prix » à l’Iran.

 

« Si nous devons négocier à coups de bombes, nous négocierons avec des bombes, et nous sommes très doués pour ça », a abondé son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth.

 

Le très stratégique détroit d’Ormuz, par lequel passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, concentre à nouveau les tensions. L’Iran le verrouille depuis le début du conflit le 28 février, et les États-Unis imposent en retour un blocus des ports iraniens.  

 

« Aucun navire ne doit quitter son mouillage » dans le Golfe et la mer d’Oman et « toute approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une collaboration avec l’ennemi », ont averti jeudi les Gardiens de la Révolution iraniens, avant que la marine n’annonce que « deux navires » tentant de le « franchir illégalement » avaient été frappés.

 

Selon l’agence maritime britannique UKTMO qui n’a pour l’heure pas plus de détails, un navire est en feu au large d’Oman.

 

La veille, c’est un pétrolier, tentant selon Washington de passer outre son blocus pour exporter du pétrole depuis l’Iran, qui avait été ciblé par l’armée américaine. Trois marins indiens ont été tués.

 

Pétrole en hausse

 

Les États-Unis et l’Iran s’étaient déjà mutuellement attaqués dans la nuit de mardi à mercredi, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril après près de 40 jours de bombardements.

 

Cette aggravation de la situation dans le Golfe continue de maintenir les cours du pétrole à un niveau élevé. Jeudi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, se stabilisait autour de 92 dollars vers 5 h 10 (heure de l’Est), contre 70 dollars avant la guerre.

 

Le conflit avait repris dimanche quand l’Iran a lancé des missiles sur Israël en représailles à des frappes sur Beyrouth, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve. (…) [AFP]

 
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