Le Conseil national des droits de l’Homme du Maroc (officiel) a annoncé vendredi que le nombre de décès liés à la vague de passages collectifs vers la ville de Ceuta, administrée par l’Espagne, s’élevait désormais à 14 morts. Il a également indiqué que, selon des données officielles espagnoles, 80 personnes seraient décédées.
Cette annonce intervient dans un communiqué du Conseil, constituant la deuxième prise de position officielle marocaine concernant les événements de passage collectif, après une déclaration du ministère de l’Intérieur dimanche dernier, suivie de témoignages de responsables à l’Agence marocaine de presse, dont les noms n’ont pas été précisés.
Le Conseil a indiqué que le bilan des décès enregistrés au Maroc était passé de 11 à 14 cas.
Il a précisé que les autorités espagnoles avaient annoncé, selon des données officielles, 80 décès liés aux événements.
Le Conseil a critiqué la manière dont les autorités de Ceuta ont traité les migrants en situation irrégulière, estimant qu’elles « n’avaient pas fourni l’aide nécessaire ».
Il a affirmé que les autorités de Ceuta avaient ordonné la fermeture des restaurants, cafés et grandes surfaces de la ville, privant ainsi les personnes ayant franchi la frontière de l’accès à l’eau et à la nourriture.
Le Conseil a également déclaré avoir documenté des agressions et des attaques « à caractère raciste et xénophobe » visant des migrants en situation irrégulière à Ceuta.
Il a estimé que les mesures de protection et d’assistance fournies aux migrants n’étaient pas suffisantes.
Le communiqué ajoute que le nombre de blessés parmi les civils s’élevait à 136 cas légers, tandis que 13 personnes avaient été transférées vers des hôpitaux, notamment pour des fractures ou la nécessité de subir des examens par scanner.
Le Conseil a également indiqué que des consultations et des soins médicaux avaient été prodigués à 87 membres des forces publiques marocaines.
Il a souligné qu’aucune information n’avait été communiquée par les autorités espagnoles concernant d’éventuelles blessures parmi leurs forces de sécurité.
Selon le Conseil, environ 100 personnes ont été arrêtées dans le cadre des événements de Ceuta, dont 11 mineurs.
Concernant les événements survenus dans la ville de Beni Ansar (nord du Maroc), située à proximité de Melilla, également administrée par l’Espagne, le communiqué indique que 23 personnes ont été déférées devant le tribunal de Nador (nord), dont deux étrangers. Onze mineurs ont également été présentés au même tribunal pour enquête.
Le Conseil a également recensé des dégâts matériels comprenant 61 véhicules privés, 15 motos et 18 véhicules appartenant aux forces publiques dans la ville de Fnideq et au poste-frontière de Beni Ansar.
Entre le 29 et le 31 juillet dernier, des dizaines de milliers de Marocains se sont rassemblés aux abords de la clôture frontalière avec Ceuta, dans la plus importante tentative de passage irrégulier vers la ville, avant que la majorité d’entre eux ne retourne à Fnideq.
Située sur la côte nord du Maroc, Ceuta est administrée par l’Espagne, tandis que Rabat revendique sa souveraineté sur ce territoire.
Lundi, les autorités de Ceuta ont annoncé qu’entre 3 000 et 5 000 migrants se trouvaient encore dans la ville, après le retour au Maroc de plus de 69 000 personnes à la suite de cette vague de passages collectifs. [AA]