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Le bal des transpirants : quand les rentiers de l'opacité fuient la lumière de l’hémicycle (Par Elimane Ndao

Jeudi 15 Octobre 2026

Elimane Ndao

Abdou Mbow s'égosille avec la fureur des coupables. Aminata Touré bat en retraite avec la prudence calculée des sachants. À l'ouverture de cette session parlementaire historique, le simple dépôt de 05 propositions de résolution a suffi à faire vaciller l'ancienne nomenclature politico-étatique. Soudainement, ceux qui ont méthodiquement asphyxié la Représentation nationale pendant 12 ans se découvrent une passion dévorante pour l'orthodoxie juridique. Leur agitation n'est pas une défense de la République. C'est l'ultime réflexe de survie d'un écosystème tétanisé par la lumière.

 

L'outrance verbale du député Takku Wallu Sénégal cache mal une indigence doctrinale vertigineuse. Invoquer l'article 54 du Règlement intérieur pour exiger que « le Parlement se taise » face à l'ASER relève de la malhonnêteté intellectuelle pure. 

 

Faut-il rappeler à ce « juriste » de circonstance qu'une procédure judiciaire sur d'éventuelles rétrocommissions n'efface pas la compétence souveraine du Parlement à enquêter sur un montage financier de 91,83 milliards de FCFA ? #AbdouMbow feint d'ignorer le filtre procédural élémentaire : chaque dossier est soumis au crible du Bureau et du Garde des Sceaux avant toute constitution de commission. 

 

S'ériger en bouclier institutionnel avant même l'examen de recevabilité prouve une seule chose : ce n'est pas le vice de forme qui terrifie l'opposition, mais le fond du gouffre financier qu'une enquête publique menacerait d'exposer.  

 

Pendant que Abdou Mbow tente de saborder le navire de l'intérieur, Aminata Touré tente la désertion institutionnelle. Son revirement est un cas d'école de cynisme politique. Hier, elle réclamait la justice parlementaire pour la Casamance, aujourd'hui, elle décrète l'incompétence de l'Assemblée nationale au profit exclusif de la Cour des Comptes et de l'Inspection Générale d'État. Pourquoi cet exil soudain vers les corps de contrôle de l'Exécutif ? Parce que dans le subconscient de l'ancien régime, un rapport de l'IGE se classe, s'étouffe ou se négocie sous le coude présidentiel. Une commission d'enquête parlementaire, au contraire, auditionne publiquement, dissèque ouvertement et rend compte à la Nation.
 

C'est précisément ici que se situe la ligne de fracture irréversible imposée par la majorité Pastef. 

 

« La transparence n'est pas une faveur que les gouvernants accorderaient aux gouvernés, elle découle de la nature même du mandat ». Cette sentence d'Ousmane SONKO, prononcée ce 13 octobre 2026 foudroie l'ordre ancien. En décidant de fouiller la gestion des fonds spéciaux du HCCT et du CESE ainsi que de la Primature sur la période de 2012 à 2026, la nouvelle législature s'applique à elle-même la rigueur qu'elle exige de ses prédécesseurs. L'argument misérable du « deux poids, deux mesures » s'effondre de lui-même devant l'inclusion explicite des années de gouvernance actuelle.

 

La République des rentiers est finie. « L'État n'est pas la propriété d'un gouvernement, le Trésor public n'est le patrimoine d'aucun responsable ». L'argent du peuple a cessé d'être un butin. De l'opacité des blocs pétroliers aux milliards évaporés du Plan décennal de lutte contre les inondations, l'Assemblée nationale a décidé de ne plus se taire. Abdou Mbow peut continuer à injurier, Aminata Touré peut continuer à esquiver, la mécanique de la vérité est enclenchée. Car comme le rappelle fermement le président de l'Institution : chaque franc dépensé sera justifié. La clochardisation, cher Abdou Mbow, c'était hier, lorsque l'hémicycle applaudissait le pillage. Aujourd'hui, l'Assemblée nationale se redresse pour rendre à l'État de droit sa noblesse et au peuple sénégalais sa dignité bafouée.

 

Elimane Ndao Elimane, 

Commissariat Scientifique ECOPLAN MONCAP

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