Le Togo affirme sa proximité avec l’AES et se propose en “pont” entre le Sahel et la communauté internationale

Lundi 20 Avril 2026

Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbè

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a réaffirmé la position de son pays vis-à-vis des États du Sahel membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), lors d’une réunion de haut niveau consacrée à la nouvelle stratégie du Togo pour la région, tenue samedi à Lomé.


Cette stratégie dite « Togo-Sahel 2026-2028 » s’articule autour de cinq piliers structurants : le dialogue politique avec l’AES, la coopération régionale et internationale, la lutte contre le terrorisme, la coexistence pacifique, et le renforcement de l’intégration économique régionale. Ces axes constituent la colonne vertébrale de l’approche togolaise dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire et les recompositions diplomatiques au Sahel.


Dans son allocution, le chef de la diplomatie togolaise a insisté sur la solidarité de son pays avec les États sahéliens confrontés à l’insécurité. « La position du Togo est claire. Le Togo est et sera toujours du côté des frères et sœurs des pays du Sahel », a-t-il déclaré.


Évoquant les relations avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, piliers de l’AES, Robert Dussey a souligné qu’ils « ne sont pas des partenaires de circonstance, mais des membres à part entière de notre famille ouest-africaine ». Face aux défis sécuritaires persistants dans la région, marquée par « des moments d’incertitude liés au terrorisme et à l’insécurité », il a mis en avant une approche fondée sur le dialogue, la coopération et la responsabilité partagée, en cohérence avec les piliers de la nouvelle stratégie.


« Nous persistons dans notre volonté de bâtir des ponts là où d’autres érigent des murs », a-t-il affirmé, plaidant pour une démarche inclusive visant à consolider la paix et la stabilité, notamment à travers la lutte contre le terrorisme et la promotion de la coexistence pacifique.


Le Togo entend ainsi jouer un rôle de médiateur et de facilitateur entre les pays sahéliens et leurs partenaires internationaux. « Le Togo est prêt à mettre son expertise en médiation au service de la stabilité pour servir de pont entre le Sahel et l’ensemble de la communauté internationale », a indiqué le ministre, en insistant également sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et l’intégration économique comme leviers de développement durable.


Selon Robert Dussey, cette stratégie repose sur « une mise en œuvre progressive, concertée, pragmatique », guidée par « l’esprit du dialogue, de la responsabilité partagée et de la recherche de solutions durables ». Il a conclu en réitérant l’ambition de Lomé : « Être un pont entre les pays du Sahel et toute la communauté internationale, c’est le Togo ».


De son côté, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a salué l’initiative togolaise tout en appelant à un cadre de coopération fondé sur la confiance et le respect des États membres de la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.


« Le Mali soutient les initiatives sincères en faveur du Sahel, tout en soulignant qu’elles ne doivent pas se substituer à l’action des États concernés », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’une coopération alignée sur les priorités souveraines des pays de l’AES.


Il a également plaidé pour une redéfinition des partenariats internationaux : « Il est nécessaire de travailler avec le Sahel et non sur le Sahel, dans un esprit de sincérité, de respect et d’humilité ».


Dans un contexte de recomposition sécuritaire et diplomatique dans la région, les deux positions traduisent à la fois la volonté du Togo de s’imposer comme un pont entre les acteurs sahéliens et la communauté internationale, et celle des autorités de l’AES de privilégier une coopération fondée sur la souveraineté et l’efficacité.


« Nos destins sont liés », a conclu le ministre malien, appelant à renforcer une coopération régionale « dans un esprit de solidarité et d’intérêt commun ». [AA]

 
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