Le TAEF condamne l’annulation autoritaire de Rightscon 2026 à Lusaka

Lundi 4 Mai 2026

Churchill Otieno, président du Forum des éditeurs africains (TAEF)

(NAIROBI, 01 mai 2026) - Le Forum des éditeurs africains condamne, dans les termes les plus fermes, l’action brutale du Gouvernement zambien qui a conduit à l’annulation de RightsCon 2026 à Lusaka, quelques jours seulement avant que des milliers de délégués ne se réunissent pour une conversation mondiale essentielle sur les droits numériques, les droits humains, la liberté d’expression et la responsabilité démocratique. 

 

Le terme de « report » ne saurait masquer la vérité. Il s’agit d’une pression étatique déguisée en procédure. Toute exigence visant à soumettre une conférence sur les droits à un alignement sur des « valeurs nationales » officielles transforme l’État en arbitre de la parole légitime et devrait alerter tous les défenseurs de la démocratie. 

 

La Zambie avait invité le monde, et l’Afrique s’était mobilisée derrière la Zambie. Ce qui s’annonçait comme un grand succès continental est devenu un douloureux embarras et une profonde déception pour la société civile zambienne, les journalistes, les défenseurs des droits numériques, les jeunes, les militants et tous les Africains qui avaient soutenu l’accueil de cet événement par la Zambie. 

 

Le TAEF exprime sa pleine solidarité avec tous les camarades de bonne volonté en Zambie qui ont été si gravement trahis par leur gouvernement. 

 

Les éditeurs d’Afrique ne soutiendront jamais la mise sous silence d’aucune voix. Nous ne défendons pas la parole parce que nous sommes d’accord avec tout ce qui se dit. Nous la défendons parce que la démocratie exige que les sociétés entendent, examinent, contestent et répondent à toutes les voix dans l’espace public. 

 

En solidarité avec les citoyens zambiens de conscience, la communauté mondiale des droits numériques et tous les citoyens de bonne volonté du monde, le TAEF confirme qu’il boycottera les rencontres prévues à Lusaka. Ce boycott n’est pas dirigé contre le peuple zambien. Il est mené en son nom. 

 

Le TAEF appelle le Gouvernement zambien à fournir un compte rendu complet et honnête des circonstances ayant conduit à cette annulation, à présenter des excuses aux organisateurs et aux partenaires, et à donner des garanties crédibles que la Zambie demeure attachée à la liberté d’expression, à la liberté de réunion, à la liberté de la presse, aux droits numériques et au débat civique ouvert. 

L’Afrique n’a pas besoin de gouvernements qui accueillent le monde d’une main et le réduisent au silence de l’autre. 

 

Pour et au nom du Forum des éditeurs africains 

CHURCHILL OTIENO PRÉSIDENT DU TAEF 

 

—————————————————————————————-

 

À propos du Forum des éditeurs Africains (TAEF) 

Le Forum des éditeurs africains (TAEF) est un réseau continental d’éditeurs, de responsables de rédaction et de dirigeants de médias, engagé à renforcer le journalisme indépendant et à promouvoir la liberté de la presse en Afrique. Le TAEF promeut des normes éthiques, défend la liberté de la presse, renforce la solidarité professionnelle et soutient l’innovation éditoriale face aux évolutions politiques, économiques et technologiques du continent. À travers des rencontres comme le Congrès des éditeurs africains et des partenariats avec des institutions régionales et internationales, le TAEF offre une plateforme de dialogue sur le rôle du journalisme dans la démocratie, le développement et l’affirmation de l’agence africaine. Le Forum défend une rémunération équitable du journalisme en tant que bien public, la résilience des rédactions à l’ère numérique et des réponses collectives aux menaces visant les journalistes et les médias. Le TAEF se positionne comme la voix collective des éditeurs africains, promouvant une culture journalistique fondée sur l’indépendance, l’intérêt public et l’excellence durable. 

 
Nombre de lectures : 98 fois