Le Pakistan affirme que Washington et Téhéran négocient, malgré les bombardements

Jeudi 30 Juillet 2026

Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d’une désescalade après une nouvelle série de bombardements sur l’Iran menée par les États-Unis dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

 

Mais le conflit au Moyen-Orient semble s’être étendu à de nouveaux pays : après l’Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l’Égypte a annoncé jeudi qu’une frappe de drone était à l’origine d’un incendie sur deux navires — dont un américain, selon une société de sécurité — dans le port de Damiette (nord).

 

« Des négociations entre les parties sont en cours, en particulier concernant le détroit d’Ormuz et afin de parvenir à une désescalade », a indiqué la diplomatie pakistanaise, ajoutant faire « tout [son] possible pour ramener toutes les parties au protocole d’accord d’Islamabad » signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

 

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec des frappes réciproques entre les États-Unis et l’Iran, ce dernier visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient. Le déblocage du détroit d’Ormuz, verrouillé par Téhéran, est au cœur des tensions.

 

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir « frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes ».

 

« Frapper très fort »

 

Les États-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de « multiples missiles balistiques » lors d’une « tentative d’attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient », précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

 

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine sur la province de Zanjan (nord-ouest), tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d’attaques dans des provinces méridionales. Trois membres d’une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l’île de Qeshm, selon l’agence Fars.

 

Le Koweït a rapporté jeudi qu’une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur le bâtiment d’une entreprise chinoise, tandis que l’Égypte a révélé qu’une frappe de drone, la première contre son territoire depuis le début de la guerre, était à l’origine d’un incendie sur des navires de stockage de gaz la veille à Damiette, sans être en mesure d’en attribuer l’origine.  

 

L’un de ces bâtiments est un navire américain de stockage et de regazéification, selon la société privée de sécurité Ambrey, basée au Royaume-Uni.

 

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l’Iran, qui n’ont pas fait de victime. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé la base aérienne d’Al-Azraq, affirmant avoir visé des avions américains qui y étaient stationnés en représailles à la frappe à Qeshm.

 

« On va les frapper très fort, parce que c’est à notre tour », avait affirmé mercredi le président américain Donald Trump.

 

Dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis et l’Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d’avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu’ils ont démenti).

« Guerre par procuration »

 

Ces attaques dans plusieurs villes d’Irak ont fait 20 morts — dont cinq Iraniens — et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.  

 

Avant les dernières frappes, le conflit entre l’Iran et les États-Unis s’était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l’Arabie saoudite.

 

« La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d’autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable », a déclaré à l’AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

 

L’Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l’Iran verrouille de nouveau le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran.

 

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir « de quitter le couloir maritime sûr » désigné par l’Iran, et que l’un d’entre eux avait « pris feu », sans autre précision. [AFP]

 
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