La seconde phase de libération africaine fait craquer l'enclos françafricain (Par Fodé Roland Diagne)

Jeudi 17 Septembre 2026

Fodé Roland Diagne

18 août 2020, l’armée malienne empêchée par l’armée française d’entrer à Kidal renverse le régime néocolonial. 30 septembre 2022, c’est au tour de l’armée burkinabé de mettre à bas le régime néocolonial puis le 26 juillet 2023, l’armée nigérienne met fin au pouvoir néocolonial.

 

La découverte concrète du double jeu françafricain de « l’aide à la lutte contre le terrorisme » a été le facteur décisif du parachèvement des révoltes populaires contre les régimes libéraux néocoloniaux.

 

Les opérations Serval, puis Barkhane, puis Takuba et le G5 Sahel sous le prétexte de « lutte contre le terrorisme » ainsi que la présence militaire françafricaine et eurafricaine n’étaient rien d’autre qu’une recolonisation militaire déguisée. C’est ce qu’a montré clairement l’empêchement par l’armée française de la récupération de Kidal par le Mali.

 

Dès lors, les peuples ont compris pourquoi l’impérialisme françafricain, eurafricain et usafricain ont détruit le pays « le plus riche d’Afrique » la Libye avant d'infecter les pays du Sahel/Sahara des djihado-terroristes financés par les théocraties des pétro-dollars. Les grands groupes monopolistes impérialistes doivent absolument continuer à contrôler les matières premières stratégiques que sont le pétrole, le gaz, l’uranium, l’or, etc.

 

Ont été associés à cette guerre de l’OTAN par djihado-terroristes interposés les régimes néocoloniaux des de l’UEMOA/CEDEAO brandissant sanctions et menaces d’intervention que les mobilisations populaires dans chacun des pays concernés et la fermeté défensive des nouveaux pouvoirs souverainistes de l’AES (Confédération des États du Sahel) ont déjoué. L’agression impérialiste prend deux formes actuellement : la multiplication des attaques terroristes et les tentatives de coups d'État des forces militaro-civiles internes.

 

L’actuel vent de rébellion indépendantiste qui souffle sur l’Afrique touche en plus de la jeunesse militaire tous les secteurs de la jeunesse civile africaine traumatisée par la tragédie qu’est l’émigration meurtrière qui fait du désert du Sahara, de la mer Méditerranée et de l’océan Atlantique de vastes cimetières à ciel ouvert et pour ceux et celles qui arrivent dans les prétendus « eldorados » européen ou étasunien des sans papiers taillables et corvéables à merci. C’est ce qui a fait dire à Ousmane Sonko, le leader du parti Pastef au Sénégal que « si les jeunes qui meurent pour émigrer mettaient la même détermination pour la souveraineté nationale, nos peuples reprendront leur destin en main pour les changements et les transformations systémiques qui changeront nos vies ».

 

Enfin, la remise en cause de l’hégémonie séculaire des impérialismes US/UE/G7/Israël par le développement fulgurant des pays anciennement colonisés comme la Chine, l’Inde et par la résistance patriotique de pays qui refusent la domination dont les pays rescapés du camp socialiste (Cuba, Vietnam, Corée du Nord, Chine) annonce l’avènement progressif de la fin du monde unipolaire de ce début de XXIème siècle qui a succédé au monde bipolaire du 20ème siècle.

 

Tels sont les principaux facteurs qui expliquent la montée en puissance progressive de la contestation sociale et démocratique dans chaque État africain du système néocolonial qui a été imposé globalement après les liquidations par des assassinats et coups d’États des leaders historiques de la première phase indépendantiste : Lumumba, Mulélé, Nkrumah, Modibo, Nasser, Eduardo Mondlane, Um Nyobe, Félix Moumié, Osendé Afana, Ernest Ouandié, Cabral et plus tard Sankara, L.D. Kabila, etc.

 

La petite bourgeoisie intellectuelle militaire et civile met en avant la lutte radicale contre la corruption et pour la souveraineté nationale en proclamant le « pragmatisme » comme idéologie. Elle est à la tête d’un front des classes sociales unies sur le terrain de la lutte contre les effets socialement dévastateurs du libéralisme néocolonial dicté par le FMI et la Banque Mondiale dans le cadre du système inique de la dette qui structure l’actuelle division internationale du travail entre pays, États, Nations qui oppriment et pays, États, nations opprimées de « l’impérialisme stade suprême du capitalisme » (Lénine).

 

Tel est le cadre géopolitique dans lequel les classes et les forces révolutionnaires du centre impérialiste et de la périphérie dominée doivent agir pour s’aider mutuellement dans le combat pour l’émancipation sociale des classes populaires et la libération nationale des peuples opprimés. Tel est le cadre africain dans lequel, l’AES et les expériences indépendantistes en cours en Afrique sont en train de frayer la voie à la rupture de la dépendance néocoloniale en brisant le carcan du pré-carré françafricain pour que l’Afrique rejoigne le concert libérateur des peuples, États, nations en Amérique du sud et surtout en Asie.

 

Plus que jamais, le mot d’ordre internationaliste révolutionnaire est celui fondateur de la Troisième Internationale Communiste/Komintern : « Prolétaires de tous pays et peuples opprimés, unissez-vous ! ».

 

Septembre 2026

Diagne Roland Fodé

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