Insupportable cette visite attentatoire à la morale, à l'éthique et à la justice de l'ex-président autocrate APR/BBY au palais présidentiel pour chercher à obtenir le soutien de l'actuel président légal à sa candidature inacceptable au secrétariat général de l'ONU.
L'actuel président légal qui a bénéficié du "tout sauf le président légitime" qui l'a empêché arbitrairement de candidater a-t-il déjà oublié sa prestation de serment du 02 avril 2024 selon laquelle "... Il me revient le douloureux souvenir des martyrs de la démocratie sénégalaise, des amputés, des blessés et des anciens prisonniers. Je garderai toujours à l'esprit les lourds sacrifices consentis afin de ne jamais vous décevoir" comme le rappelle fort opportunément le député Guy Marius Sagna.
Les morts pour la victoire électorale du camp souverainiste incarné par le président de Pastef doivent se retourner dans leur tombe et les survivants amputés, handicapés, blessés et ayant perdu leur job doivent maudire ce renoncement en plein vol pour que justice leur soit rendue.
Si l'ex-président PDS "dafa yakh djiko yi" (a détruit le civisme) en distribuant devant les caméras l'argent du contribuable comme si c'était sa fortune personnelle et en étant le seul président africain à aller à Benghazi escorté par des mirages français pour sacrifier Kadhafi, l'actuel président légal issu du camp souverainiste électoralement vainqueur à la présidentielle et aux législatives s'inscrit de fait dans cette tradition coloniale et néocoloniale qui a fait de notre pays, au delà des résistants, la "porte d'entrée du colonialisme en Afrique". Pas étonnant que l'ex-président candidat, toute honte bue, à l'ONU ait remercié à la manière des esclaves de maison "le dessert aux tirailleurs sénégalais" et que l'actuel président légal ait lui souhaité "le prix Nobel de la paix" au va-t'en-guerre président actuel des USA.
Le néocolonialisme est fortement ancré dans l'esprit d'une partie de l'élite de notre pays. Du premier député africain à l'Assemblée Nationale puis ministre de la France coloniale, de l'absence des élites politiques de notre pays au congrès fondateur du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) indépendantiste en 1946 à Bamako, de la provocation de l'implosion de la Fédération du Mali, de la répression et l'interdiction du PAI, du coup d'état néocolonial de 1962 mettant fin au régime parlementaire pour la dictature civile du régime présidentiel, des plans d'ajustement structurel (PAS) du FMI, de la dévaluation du franc colonial CFA, des alternances démocratiques changeant les hommes au pouvoir sans changer la politique libérale imposée par les institutions de Bretton Woods au dévoiement actuellement en cours de la victoire électorale du souverainisme de 2024, il nous faut prendre conscience de l'ampleur de la pronfondeur dans notre pays de ce que Frantz Fanon a nommé "peau noire, masque blanc" et que Ngugi Wa T'chiongo invite à abolir par "décoloniser l'esprit".
L'idéologie libérale est un amplificateur de cette capitulation systémique de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie compradore, c'est-à-dire celles les plus vassalisées au colonialisme et au néocolonialisme.
En effet, même quand elles parlent de "souveraineté nationale", elles ne l'envisagent que dans l'intégration forcément en position subordonnée à la mondialisation du capitalisme et à sa division internationale entre Etats, Nations, pays dominants et Etats, Nations et pays dominés. Nous excluons de ce rapport oppresseurs et opprimés la notion de "peuple" parce que les peuples des pays dominateurs sont aussi exploités et que les peuples des pays dominés sont surexploités. Les deux ont donc intérêt à en finir avec le capitalisme à son stade suprême l'impérialisme.
L'actuel président légal issu du camp souverainiste signe par son reniement des engagements électoraux et programmatiques son ralliement au camp néocolonial, ce faisant ce jeune président s'intègre dans le plan françafricain de trouver un remplaçant au vieux Ouattara lequel avait remplacé Blaise Compaoré qui avait succédé à Houphouët et Senghor.
La question est donc pourquoi et comment s'opère ce processus de capture par le néocolonialisme de nos dirigeants politiques et quel en est le soubassement économique ?
La réponse est dans le fait que endettement, contrats léonins, surfacturation, délinquance budgétaire, corruption, népotisme, gabegie, clientélisme, narcotrafic, telles sont les marques de fabrique de "l'accumulation primitive" des capitaux de la bourgeoisie bureaucratique néocoloniale en position subordonnée à l'assujettissement impérialiste. Le libéralisme en est devenu l'idéologie totalitaire que l'économiste marxisant décrit fort justement ainsi : "Le problème de fond est que les réalisations de nos gouvernements sont ou bien inutiles, ou bien peu par rapport à ce qu’ils devaient faire et pouvaient faire pour développer le pays... Les étudiants en Sciences économiques dès leur première année de formation apprennent que leur discipline étudie la manière de gérer des ressources rares face à des besoins nombreux. Depuis 1960, l'économie sénégalaise est truffée de ‘’faux frais’’ (le terme est de Marx), c'est–à-dire des gaspillages qui plombent son décollage. La bonne gestion d'une entreprise ou d'un pays n'est rien d'autre que l'évitement du gaspillage. C'est le gaspillage des ressources publiques qui génère ce permanent besoin de financement qui ouvre la porte grand ouverte à l'endettement extérieur avec ses conditionnalités qui ne vont pas dans le sens du développement. Les principes les plus élémentaires du calcul économique coût-avantage font défaut dans la gestion de l'économie sénégalaise. S'y ajoute que l'histoire économique ne nous donne l’exemple d’aucun pays qui s'est développé sous domination étrangère. Comme le sont le Sénégal et d'autres pays africains, particulièrement à l'égard de la France qui, gouvernement de droite ou de gauche, près de 60 ans après les ‘’indépendances’’, persiste à s'accrocher à sa proie coloniale" (Makhtar Diouf, Sénégal: d'un président à l'autre, 13/12/2018).
Le président légal est devenu une prise de guerre du néocolonialisme contre le souverainisme. Il faut s'attendre au pire dans son obsession devenue atavique d'imposer un second mandat. La place de l'ex-président APR/BBY n'est pas au palais mais devant les tribunaux pour la reddition des crimes de sang, des atteintes liberticides et crimes financiers dont l'endettement usurier de plus de 23 mille milliards de francs CFA dont plus de 4000 milliards de dette cachée.
Nous devons réorganiser nos troupes pour reconquérir à nouveau les positions temporairement perdues dans la marche vers la victoire électorale du président légitime à la présidentielle 2029. Armons nous de l'enseignement clef d'Amilcar Cabral : "ne jamais croire à une victoire facile".
17/0726
Diagne Fodé Roland