En Tunisie, la mort de douze jeunes Tunisiens candidats à l’exil lors d’un naufrage de leur embarcation irrégulière vendredi a profondément ému l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’internautes rattachent ce drame à la crise économique et sociale qui sévit dans le pays.
Un bateau transportant quinze migrants tunisiens a fait naufrage dans la nuit de vendredi à samedi. Une seule personne a été secourue et deux autres sont toujours portées disparues. Quatorze des migrants étaient originaires de Ben Gardane, une ville marginalisée près de la frontière libyenne.
Samedi soir, des habitants ont manifesté après l’annonce du naufrage, bloquant des routes et incendiant des pneus. De nouvelles tensions nocturnes ont éclaté lundi 24 août 2026. Mais le drame de Ben Guerdane en dit long sur l'état de cette région frontalière, célébrée en 2016 pour avoir résisté à une attaque jihadiste, mais très marginalisée sur le plan socio-économique, selon Romdhane Ben Amor, militant de la société civile et expert sur la question migratoire.
« Il n'y a pas de marché d'offres d'emplois, ce qui a poussé ces jeunes-là à se baser, pour gagner leur vie, sur le commerce frontalier, la contrebande à Ben Gardane. Mais l'État et les autorités libyennes ont fait des restrictions contre cette forme de commerce sans que l'État tunisien ne propose d’alternatives, ce qui a créé cette envie de quitter Ben Gardane, et de quitter la Tunisie, pour ces jeunes », explique-t-il. [RFI]