Le gouvernement de la République islamique de Mauritanie a fermement rejeté les accusations formulées par l’État‑major général des Armées du Mali, selon lesquelles deux militaires maliens détenus par des groupes terroristes auraient réussi à s’échapper d’un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien.
Dans un communiqué rendu public, Nouakchott affirme avoir pris connaissance « avec stupéfaction et indignation » des déclarations des Forces armées maliennes (FAMa), qualifiant ces affirmations d’« accusations totalement infondées et profondément offensantes ».
Le gouvernement mauritanien souligne que de telles déclarations ont été émises « sans la moindre preuve ni consultation préalable par les canaux appropriés », dénonçant une démarche qu’il juge « indécente ».
Les autorités mauritaniennes affirment par ailleurs que le camp de camp de M’Berra accueille depuis près de trente ans des dizaines de milliers de réfugiés maliens et d’autres nationalités. Ce site est placé sous la supervision permanente du Haut‑Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ainsi que de plusieurs organisations humanitaires internationales et ONG indépendantes.
Selon Nouakchott, ces acteurs disposent d’un accès permanent au camp et assurent un suivi quotidien des conditions de sécurité et de vie des populations déplacées. Les autorités mauritaniennes affirment également que des ministres du gouvernement malien ont déjà visité le site, saluant à l’époque « le professionnalisme des services locaux et l’hospitalité des populations hôtes ».
La Mauritanie rejette catégoriquement toute insinuation selon laquelle des groupes terroristes pourraient y détenir des personnes, estimant qu’une telle accusation est « grave » et contredit l’expérience des relations fraternelles entre les deux pays.
Nouakchott affirme avoir toujours privilégié la retenue et le dialogue face aux défis sécuritaires dans la sous-région, appelant les autorités du Mali à privilégier les échanges diplomatiques directs afin d’éviter toute escalade.
Le gouvernement mauritanien invite par ailleurs Bamako à faire preuve de « rigueur dans ses communications officielles » et à utiliser les canaux diplomatiques appropriés pour traiter les questions sensibles liées à la sécurité.
Tout en réaffirmant son attachement à des relations de bon voisinage et de coopération avec le Mali, la Mauritanie indique se réserver le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre « son image, sa souveraineté et la vérité factuelle ».
Plus tôt, l’État‑major général des Armées du Mali avait annoncé que deux militaires maliens, détenus depuis octobre 2025 par des groupes armés terroristes, avaient réussi à s’échapper dans la nuit du 13 au 14 mars 2026 d’un camp de réfugiés en Mauritanie avant de regagner le territoire malien.
Selon l’armée malienne, les deux soldats, Mohamed Wangaraba et Mahamed El Maouloud Diallo, ont été pris en charge à Goundam puis remis aux unités militaires, conformément aux procédures en vigueur.
Le communiqué précise que leur évasion aurait été facilitée par les opérations menées par les FAMa le long de la frontière entre le Mali et la Mauritanie, notamment dans la zone de la forêt du Wagadou.
Par ailleurs, les autorités maliennes ont indiqué que le préfet du cercle de Dioïla, Alidji Bagna, enlevé en février dernier, est également parvenu à s’échapper de ses ravisseurs dans la zone de Macina avant de rejoindre Tenenkou, où il est actuellement pris en charge par les forces armées. [AA]