Le Sénégal a une nouvelle fois démontré, en 2024, la solidité de ses institutions à travers une alternance démocratique apaisée. Cette maturité politique doit aujourd’hui nous guider dans la poursuite des réformes nécessaires à la modernisation de notre État.
Les travaux issus des Assises de la Justice en 2024 et du Dialogue national sur le système politique en 2025 ont permis de poser un diagnostic clair des défis à relever a savoir l'amélioration de la gouvernance institutionnelle, la consolidation de l’État de droit, la modernisation du système électoral et l'adaptation de nos Institutions aux exigences contemporaines.
Dans cette dynamique, les avant-projets de révision constitutionnelle présentés en 2026 constituent une étape légitime et nécessaire. Leur examen par l’Assemblée Nationale s’inscrit pleinement dans le fonctionnement normal de notre démocratie représentative.
Contrairement à certaines inquiétudes exprimées, il convient de rappeler que les députés sont les représentants élus du peuple. À ce titre, ils exercent la souveraineté nationale conformément à la Constitution. Remettre en cause leur rôle reviendrait à fragiliser les fondements mêmes de notre système institutionnel.
La Constitution prévoit explicitement les modalités de sa propre révision, y compris par voie parlementaire. Exiger systématiquement un référendum pour toute réforme reviendrait à rigidifier excessivement le fonctionnement des Institutions et à ralentir des évolutions pourtant nécessaires.
Une démocratie moderne repose sur un équilibre entre participation citoyenne et efficacité institutionnelle. Le recours exclusif au référendum, loin de renforcer la démocratie, peut parfois la simplifier à l’excès et exposer les réformes à des dynamiques émotionnelles ou conjoncturelles.
Il est donc essentiel de faire confiance aux mécanismes existants, tout en les améliorant progressivement, plutôt que de les remettre fondamentalement en cause.
Nous soutenons ainsi une réforme constitutionnelle conduite dans le respect des Institutions et des procédures prévues par la Constitution portée par les représentants élus du peuple, dans le cadre du débat parlementaire. Celles-ci étant déjà enrichie par les contributions déjà issues des concertations nationales visant à renforcer l’efficacité de l’action publique et la stabilité institutionnelle.
Nous appelons à éviter toute politisation excessive de ce processus, qui doit rester guidé par l’intérêt supérieur de la Nation.
Le Sénégal que nous voulons, est un Sénégal où les Institutions fonctionnent avec continuité, responsabilité et efficacité où les représentants élus exercent pleinement leur mandat dans le respect de la Constitution.
Les réformes se font dans la stabilité, et non dans la contestation permanente. C’est seulement dans cet esprit de responsabilité et de confiance dans nos Institutions que nous soutenons la poursuite du processus de réforme engagé pour un Sénégal stable, efficace et résolument tourné vers l’avenir.
En définitive, la révision constitutionnelle engagée s’inscrit dans la continuité républicaine et témoigne de la maturité démocratique du Sénégal.
Loin de constituer une rupture, elle reflète la capacité de nos Institutions à évoluer dans le respect des principes qui les fondent. Adossée à la légitimité du Parlement et aux mécanismes constitutionnels, elle exprime un engagement résolu en faveur de la responsabilité, de la stabilité et de l’efficacité publique.
C’est en consolidant avec rigueur et discernement l’architecture institutionnelle que la Nation pourra poursuivre, avec confiance, sa marche vers un État toujours plus moderne, plus équitable et pleinement enraciné dans l’État de droit.
Ibrahima MBAYE
Conseiller en Management Stratégique et Juridique des Entreprises : option Ressources Humaines