L’Unesco place des sites de Cisjordanie et du Liban sur la liste du patrimoine mondial en péril

Samedi 25 Juillet 2026

L’Unesco a inscrit en urgence Sebastia, en Cisjordanie, et cinq châteaux du sud du Liban sur la liste du patrimoine mondial en péril. La décision, contestée par Israël, intervient dans un contexte de conflits ayant endommagé des sites historiques. Elle souligne les inquiétudes concernant la préservation du patrimoine culturel dans la région.

 

L’Unesco a inscrit en urgence six nouveaux sites sur la liste du patrimoine mondial ainsi que sur celle du patrimoine en péril, malgré les objections d’Israël. La décision a été adoptée le 24 juillet lors de la réunion du Comité du patrimoine mondial à Busan, en Corée du Sud, en raison des menaces que les conflits font peser sur ces sites culturels. Les nouvelles inscriptions concernent le site archéologique de Sebastia, en Cisjordanie occupée, et cinq forteresses historiques du sud du Liban, dont le château médiéval de Beaufort.

 

Situé près de Naplouse, Sebastia est identifié comme l’ancienne Samarie, capitale du royaume biblique d’Israël. Le site rassemble des vestiges remontant à l’âge du fer, ainsi qu’aux périodes romaine, byzantine et islamique. Les autorités palestiniennes réclamaient son inscription depuis 2012, estimant qu’il était menacé par des projets israéliens d’aménagement d’un parc national comprenant notamment une clôture, une route réservée aux Israéliens et un système de billetterie susceptible de contourner l’activité touristique palestinienne.

 

Des preuves, mais une contestation de Tel-Aviv

 

Au Liban, l’Unesco a également placé sous protection renforcée cinq châteaux du Mont Amel, parmi lesquels le château de Beaufort, théâtre de combats lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Beyrouth affirme que les bombardements israéliens ont déjà détruit le château de Shamaa et menacent plusieurs autres sites historiques.

 

Israël rejette ces accusations et soutient que le Hezbollah utilisait notamment Beaufort à des fins militaires grâce à des infrastructures souterraines. Les autorités libanaises contestent cette version, assurant que ces forteresses étaient exclusivement destinées au tourisme depuis le retrait israélien du sud du Liban en 2000.

 

Cette décision illustre une nouvelle fois les tensions entre Israël et l’agence culturelle des Nations unies. Le ministre israélien des Affaires étrangères a dénoncé une inscription destinée, selon lui, à effacer « le lien juif avec cette terre ». Les représentants palestiniens ont, au contraire, salué une reconnaissance internationale de la nécessité de préserver un patrimoine menacé par l’occupation et les restrictions.

 

Plus tôt cette semaine, l’ancienne cité de Tyr avait elle aussi été inscrite sur la liste du patrimoine en péril, tandis qu’une enquête d’Al Jazeera évoquait d’importantes destructions dans la ville à partir d’images satellites. [Press TV]

 
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