L’Otan n’a pas vocation à intervenir dans le détroit d’Ormuz, selon une ministre déléguée française

Mercredi 1 Avril 2026

L’Otan n’a pas vocation à mener des opérations dans le détroit d’Ormuz, a déclaré mercredi la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants de France, Alice Rufo, après les critiques américaines visant la position de Paris sur la guerre en Iran.

 

S’exprimant lors d’un forum organisé par Le Point, Alice Rufo a estimé que l’Alliance atlantique « n’a pas vocation » à conduire des opérations dans le détroit d’Ormuz, une telle initiative ne respectant pas, selon elle, le droit international.

 

« Je rappelle ce qu’est l’Otan : c’est une alliance militaire soucieuse de la sécurité des territoires de la zone euro-atlantique », a-t-elle déclaré.

 

Elle a indiqué que la France ne soutenait pas l’initiative américaine visant à rouvrir le détroit d’Ormuz à travers une coalition, précisant que Paris privilégiait « le rétablissement des flux et de la liberté de navigation maritime, par des moyens non offensifs », tout en reconnaissant une certaine « irritation » du côté américain.

 

La ministre déléguée a également rappelé que l’article 5 de l’Otan repose sur le principe de défense collective. « Il ne s’agit pas de l’un protégeant l’autre, mais d’une logique collective. Cela s’appelle la défense collective, et la dissuasion l’est également », a-t-elle souligné.

 

Elle a insisté sur le fait que l’Alliance est plus forte lorsqu’elle évite les divisions et reste concentrée sur sa mission fondamentale.

 

S’exprimant au nom « d’un pays fondateur de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne », Alice Rufo a estimé que l’Europe devait assumer une part plus importante de sa propre défense.

 

« Ce n’est pas seulement le message de la France aujourd’hui », a-t-elle affirmé, rappelant que les États-Unis appellent eux aussi de plus en plus à un renforcement des responsabilités européennes en matière de défense.

 

Évoquant les récentes dynamiques transatlantiques, elle a estimé que les évolutions observées après la conférence de Munich avaient montré à la fois des éléments « plutôt rassurants » et un retour à une « phase plus tendue », appelant à davantage de fiabilité, de clarté et de prévisibilité entre alliés.

 

« Ce que nous voulons, c’est faire avancer la défense européenne au sein de l’Alliance atlantique. Cela crée de la fiabilité et de la confiance, et la confiance est plus puissante », a-t-elle ajouté.

 

Enfin, Alice Rufo a souligné que la confiance repose, en dernière instance, sur « la volonté de nous défendre nous-mêmes », en particulier au sein de l’Europe. [AA]

 
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