L’Iran intensifie ses frappes contre Israël et des sites américains dans le Golfe

Mercredi 4 Mars 2026

Au cinquième jour de l’offensive américano-israélienne, l’Iran affirme avoir lancé plus de 40 missiles contre des cibles américaines et israéliennes et étendu ses frappes au Golfe. Bases, ambassades et sites pétroliers ont été visés, tandis que le bilan humain s’alourdit.

 

Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé mercredi avoir tiré une quarantaine de missiles sur des cibles américaines et israéliennes, au cinquième jour de représailles après des attaques contre l'Iran.

 

"Il y a quelques heures, la 17e vague de l'opération Promesse honnête- a été menée avec le lancement de plus de 40 missiles par les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique visant des cibles américaines et sionistes (israéliennes, ndlr)", ont-ils indiqué dans un communiqué lu à la télévision d'État, qui n'a pas donné plus de détails.

 

L'Iran avait déjà annoncé mardi soir une nouvelle salve de missiles sur Israël et multiplie ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clés souvent liés aux intérêts américains.

 

Une attaque de drone a ainsi provoqué mardi soir un incendie près du consulat américain de Dubaï. Le Qatar a annoncé que deux missiles iraniens avaient visé son territoire.

 

Dans un communiqué, le ministère qatari de la Défense a précisé que l’émirat avait été visé par deux missiles balistiques lancés depuis l’Iran, dont l'un a frappé la base militaire américaine d'Al-Udeid sans faire de victime, l'autre ayant été intercepté, sans provoquer de pertes humaines.

 

Le ministère a indiqué que les forces armées qataries disposaient de toutes les capacités nécessaires pour protéger la souveraineté et le territoire du pays et qu’elles restaient prêtes à répondre fermement à toute menace extérieure.

 

Il a également exhorté les citoyens, résidents et visiteurs à rester calmes, à suivre les instructions officielles et à se fier aux informations vérifiées plutôt qu’aux rumeurs.

 

Plus tôt mardi, le ministère avait déclaré avoir détecté trois missiles de croisière, 101 missiles balistiques et 39 drones suicides se dirigeant vers l’espace aérien qatari depuis le début des attaques iraniennes, ajoutant que tous les missiles ainsi que 24 drones avaient été interceptés.

 

D'autres drones iraniens ont touché l'ambassade américaine en Arabie saoudite, provoquant également un incendie, ainsi que des installations pétrolières à Oman et aux Émirats arabes unis.

 

Téhéran assure ne pas avoir encore utilisé ses armements les plus perfectionnés.

 

Comme à Riyad, les ambassades américaines au Koweït et au Bahreïn ont fermé leurs portes par précaution jusqu'à nouvel ordre et Washington a ordonné le départ de tout son personnel diplomatique non-essentiel de six pays de la région.

 

Environ 9 000 Américains ont pu quitter le Moyen-Orient depuis le début des hostilités, ont annoncé les États-Unis.

 

Depuis le début de la guerre, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. En Israël, d'après les services de secours, dix personnes sont mortes dans des frappes iraniennes.

 

Les États-Unis ont perdu près de 2 milliards de dollars d’équipements militaires depuis le début de leurs attaques contre l’Iran, selon des estimations et des données compilées par l’agence Anadolu.

 

Le principal facteur de ces pertes est le radar d’alerte précoce AN/FPS-132 installé sur la base d’Al-Udeid au Qatar, d’une valeur estimée à 1,1 milliard de dollars, qui a été touché par une frappe de missile iranienne samedi. Le Qatar a confirmé que le radar avait été atteint et endommagé.

 

Dimanche, trois F-15E Strike Eagle ont été perdus lors d’un incident de tir ami impliquant les défenses aériennes koweïtiennes. Si les six membres d’équipage ont survécu, les appareils ont été détruits ; leur remplacement est estimé à 282 millions de dollars.

 

Lors de sa première attaque de représailles samedi, l’Iran a frappé le quartier général de la cinquième Flotte de la marine américaine à Manama, au Bahreïn, détruisant deux terminaux de communications satellitaires ainsi que plusieurs grands bâtiments.

 

D’après des analyses en sources ouvertes, les terminaux Satcom visés ont été identifiés comme des AN/GSC-52B, dont le coût avoisine les 20 millions de dollars en incluant les frais de déploiement et d’installation.

 

L’Iran a également affirmé avoir détruit le radar AN/TPY-2 du système antimissile Thaad déployé dans la zone industrielle d’Al-Rouwais aux Émirats arabes unis. 

 

Des images satellites issues de sources ouvertes suggèrent qu’un impact a bien eu lieu. La valeur estimée de ce composant radar est de 500 millions de dollars.

 

En cumulant ces montants, l’Iran aurait endommagé pour 1,902 milliard de dollars d’actifs militaires américains dans la région. [TRT]

 
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