Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baqaei a adressé dimanche un message au président français Emmanuel Macron, dans lequel il l’accuse de contradiction face aux troubles que connaît la France.
Il rappelle qu’en janvier, Macron avait préconisé « un rassemblement pacifique sans crainte de sanction » pour ceux qui, selon le porte-parole, s’en prenaient aux centres des forces de l’ordre et aux institutions publiques iraniens « à la demande d’acteurs étrangers malveillants ». « Pourtant, aujourd’hui, face à des troubles dans votre propre République, vous déclarez rapidement que la destruction et les attaques contre les institutions de l’État ne seront pas tolérées et que leurs auteurs seront rapidement sanctionnés », écrit-il.
Le porte-parole affirme également ne pas avoir oublié que, « avant l’agression contre l’Iran », Macron avait écrit au président américain : « Nous pouvons faire de grandes choses sur l’Iran ». Selon lui, il est vite apparu que la version des « grandes choses » du président français consistait à s’aligner sur « une campagne d’agression et d’atrocités qui a fini par embraser la région et le monde ».
« Maintenant que le cycle de crise a frappé à votre propre porte, et alors que le cri de “no kings” résonne à travers l’Amérique, il serait sage de se souvenir que l’histoire ne se contente pas de rester assise près de la fenêtre ouverte par des alliances sinistres, à regarder le monde brûler. Parfois, elle brise cette même fenêtre et ramène le feu au cœur de la maison de ses auteurs », ajoute-t-il.
Il conclut en citant Jean de La Fontaine : « Une ruse trop habilement ourdie peut se retourner contre son concepteur ; et la trahison revient souvent à son maître. » [AA]