Israël ne semble pas intéressé par « de véritables négociations en vue d’un cessez-le-feu » à Gaza, selon Guterres

Mardi 16 Septembre 2025

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié mardi la situation dans la bande de Gaza d’« atroce » et de « destruction systématique », tout en précisant qu’il n’était pas de son ressort de déterminer juridiquement s’il s’agit d’un génocide.

 

« Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza est atroce », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, soulignant que l’on assiste à « des destructions systématiques ».

 

« Nous assistons à des massacres massifs de civils, comme je n’en ai jamais vu dans aucun conflit depuis que je suis secrétaire général », a-t-il ajouté.

 

Interrogé sur la décision de la Commission d’enquête de l’ONU concluant qu’Israël a commis un génocide, Guterres a rétorqué: « Il n’appartient pas au secrétaire général de procéder à la détermination juridique d’un génocide. Cela relève des instances judiciaires compétentes, en particulier de la Cour internationale de Justice ».

 

Le chef de l’ONU a dénoncé les obstacles israéliens à l’acheminement de l’aide humanitaire et les ordres répétés de déplacement, les qualifiant de « moralement, politiquement et juridiquement intolérables ».

 

S’agissant d’un éventuel déploiement d’une force onusienne pour protéger les civils, il a jugé qu’une telle mesure « serait rejetée par Israël et, je crois, également par les États-Unis ».

 

Concernant la perspective d’un cessez-le-feu, Guterres a estimé qu’« Israël est déterminé à aller jusqu’au bout et n’est pas ouvert à de véritables négociations », ce qui empêche aussi, selon lui, « la libération immédiate et inconditionnelle des otages ».

 

« Avec l’attaque qui a eu lieu au Qatar, il ne semble pas qu’Israël soit intéressé par une véritable négociation de cessez-le-feu et de libération des otages », a-t-il ajouté.

 

Interrogé sur la capacité de l’ONU à résoudre les crises, Guterres a souligné : « Une chose que je ne peux pas résoudre, c’est l'efficacité du Conseil de sécurité ».

 

Il a dénoncé « la paralysie du Conseil de sécurité », qu’il a qualifiée de « source d’impunité qui sape notre action », ajoutant que ce ne sont pas les Nations unies mais les États membres, en désaccord, qui empêchent l’organisation de fonctionner correctement. [AA]

 
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