Par Ndèye Maty DIAGNE (Dakaractu)
Implanté au Sénégal depuis 2017, l'Institut Confucius de Dakar s'est progressivement imposé comme un acteur majeur de la coopération éducative et culturelle entre le Sénégal et la République populaire de Chine. Installé au sein de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD), il ne se limite pas à l'enseignement du mandarin. Il constitue également un véritable trait d'union entre les deux pays, favorisant les échanges académiques, culturels et professionnels.
Afin de mieux comprendre les motivations des apprenants et les retombées de cette formation, une enquête a été menée auprès d'anciens étudiants et d'étudiants actuellement inscrits à l'Institut. Au total, 22 personnes, dont 12 femmes et 10 hommes, ont partagé leur expérience.
Une langue perçue comme un atout pour l'avenir
Pour Ndeye Fatimata Mbodji, inscrite cette année, l'apprentissage du mandarin représente un investissement pour l'avenir.
« La Chine, c'est l'avenir », affirme-t-elle, expliquant vouloir devenir interprète afin de faciliter les échanges entre les deux pays.
Même conviction chez Seynabou Hane, qui a suivi une formation entre 2022 et 2023. Son objectif initial était de découvrir la langue et la culture chinoises. Au-delà des cours de mandarin, elle dit avoir appris la calligraphie, les arts traditionnels, certains sports ainsi que la musique chinoise.
Selon elle, cette immersion culturelle constitue un véritable avantage. « La Chine est devenue un partenaire majeur de nombreux pays africains. Cette formation permet aussi aux jeunes de découvrir une culture totalement différente de celle que nous connaissions jusque-là. »
Elle souligne également les possibilités de bourses d'études offertes aux meilleurs étudiants.
Entre curiosité et opportunités professionnelles
Rama Sall reconnaît avoir intégré l'Institut Confucius « par curiosité » il y a trois ans. Très vite, cette curiosité s'est transformée en véritable intérêt.
Elle estime que le développement des Instituts Confucius sur le continent africain répond aux besoins croissants en compétences liées aux relations économiques entre la Chine et l'Afrique.
Elle salue la qualité de l'enseignement et de l'encadrement, qu'elle qualifie de « passionnants », tout en encourageant les jeunes à saisir cette opportunité.
Mor Gueye, étudiant depuis 2019, explique que l'Institut Confucius représentait pour lui la meilleure possibilité d'apprendre le mandarin.
« La Chine offre énormément d'opportunités », affirme-t-il, rappelant que certains étudiants poursuivent même leurs études ou leur carrière professionnelle dans ce pays.
Un accompagnement apprécié
Ndeye Marie Sy met en avant l'engagement des enseignants, saluant leur disponibilité et leur accompagnement tout au long de la formation.
Elle estime que les débouchés sont nombreux, notamment dans les métiers de l'interprétariat, du commerce international et de la coopération entre la Chine et les autres pays.
Les bourses, un point de frustration
Si la qualité de la formation fait quasiment l'unanimité, certains étudiants expriment toutefois des réserves concernant l'attribution des bourses d'études.
Inscrit depuis 2023, Mamadou Diop juge l'enseignement « excellent », mais regrette le manque de transparence dans le processus de sélection. « On réunit toutes les conditions, mais malgré cela, on n'obtient pas la bourse. On a parfois l'impression que le système manque de transparence », déplore-t-il.
Un outil de coopération sino-sénégalaise
À travers les témoignages recueillis, l'Institut Confucius apparaît comme bien plus qu'un simple centre d'apprentissage du mandarin. Il constitue un espace d'ouverture sur une culture différente, favorise la mobilité internationale et prépare les étudiants aux nouvelles opportunités offertes par le renforcement des relations économiques, diplomatiques et universitaires entre le Sénégal, la Chine et l'ensemble du continent africain.
Malgré quelques critiques portant sur l'accès aux bourses, la majorité des étudiants interrogés se disent satisfaits de la qualité de la formation et considèrent l'Institut Confucius comme une véritable porte d'entrée vers un avenir professionnel à dimension internationale.
Ndeye Maty Diagne avec EJICOM