L’indice de suivi du dividende démographique (DDMI) du Sénégal s’est établi à 48,3 % en 2022, contre 49,2 % en 2019, selon un rapport national présenté mardi à Dakar par la direction générale de la planification et des politiques économiques, un document selon lequel les régions de Dakar, Thiès (ouest) et Ziguinchor (sud) font nettement mieux que les autres en dépassant 50 %.
Cette direction placée sous la tutelle du ministère de l’Économie des Finances et du Plan présentait un rapport national et des rapports régionaux de suivi du dividende démographique.
‘’Les résultats montrent de manière générale que l’indice de suivi du dividende démographique est de 48,3 % en 2022, contre 49,2 % en 2019 et 41,5 % en 2011. On constate un léger fléchissement de 2019 à 2022’’, a indiqué Abou Ba, le chef de la division chargée de la population à la direction du développement du capital humain du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
D’après lui, les régions de Dakar, Thiès et Ziguinchor sortent du lot en obtenant des indices supérieurs à 50 %.
‘’La région de Dakar présente le DDMI le plus élevé : 69,4% en 2022. Celle de Ziguinchor suit avec un indice de suivi du dividende démographique de 53,8 %. La région de Thiès vient en troisième position avec 51,3 %’’, a indiqué M. Ba.
Les 11 autres régions du pays sont sous le seuil de 50 %.
Celle de Matam a le plus faible indice : 9,7 %. ‘’Cela signifie que […] les revenus des travailleurs ne permettent pas de couvrir la consommation des ménages de cette région’’, a expliqué Abou Ba.
Le dividende démographique désigne l’accélération de la croissance économique qui se produit lorsqu’un pays voit sa part de population en âge de travailler (généralement de 15 à 65 ans) devenir plus importante que sa population dépendante.
Le Fonds des Nations unies pour la population explique qu’il correspond à la croissance économique potentielle liée à l’évolution de la pyramide des âges d’une population.
‘’L’émergence économique est basée sur notre ressource la plus précieuse : le capital humain’’
La couverture de la dépendance économique, la qualité du cadre de vie, l’indice synthétique de sortie de la pauvreté, l’indice de développement humain étendu, qui intègre la fécondité, et l’indice synthétique des réseaux et territoires, lequel couvre l’urbanisation, la migration, les infrastructures et les flux financiers, sont les cinq dimensions pris en compte par le DDMI, selon Abou Ba.
Le Sénégal a créé l’Observatoire national du dividende démographique en 2020, ce qui lui a permis d’élaborer et de publier deux rapports nationaux sur le suivi du dividende démographique à l’aide de données de 2011, 2018 et 2019, d’après la direction générale de la planification et des politiques économiques.
Pour arriver à ‘’la capture du dividende démographique, il faut dépasser le taux de 50 %’’, a expliqué le chef de la division chargée de la population à la direction du développement du capital humain.
‘’Pour cela, il faut faire des efforts dans les investissements destinés à l’éducation, notamment dans la formation professionnelle, l’autonomisation des femmes et la santé’’, a souligné Abou Ba.
Hamdy Mbengue, le préfet de Pikine, rappelle que les données jouent ‘’un rôle fondamental’’ dans la prise de décision des pouvoirs publics.
‘’Elles constituent un outil d’aide à la planification, au pilotage et à l’évaluation des politiques publiques’’, a-t-il souligné en prenant part à la présentation des rapports.
‘’L’émergence économique ne se décrète pas. Elle se planifie et se construit. Elle est basée sur notre ressource la plus précieuse : le capital humain’’, a souligné M. Mbengue. [APS]