Un avion médicalisé transportant des patients évacués du bateau de croisière MV Hondius, foyer de hantavirus, qui mouille au Cap-Vert, était en route mercredi pour les Pays-Bas et un autre a atterri aux Canaries. Mais le chef de l’OMS a affirmé que le risque pour le reste du monde est « faible ».
Selon le site Flightradar24, le premier avion a décollé en direction d’Amsterdam où il devrait arriver vers 19 h 30 (heure locale, 13 h 30 heure de l’Est). Aucune destination n’avait été précisée sur le site internet pour le deuxième avion, mais il a atterri à l’aéroport de Grande Canarie, au sud de Las Palmas, peu avant 11 h 30 (heure de l’Est), selon un journaliste de l’AFP.
Le navire accostera pour sa part « dans un délai de trois jours » au port de Granadilla sur l’île de Tenerife, dans les Canaries, a annoncé la ministre espagnole de la Santé, malgré l’opposition affichée par le gouvernement régional de cet archipel. Et, sauf cas critique, « tous les passagers étrangers seront rapatriés » après leur arrivée aux Canaries, selon Mónica García Gómez.
Par ailleurs, la compagnie KLM a annoncé mercredi qu’un des passagers qui est mort d’une infection au hantavirus après avoir voyagé à bord du MV Hondius, est monté « brièvement » à bord d’un vol KLM reliant Johannesburg vers les Pays-Bas, mais a été débarqué avant le décollage.
Les autorités sanitaires néerlandaises sont en train de contacter les personnes qui se trouvaient à bord de ce vol « par précaution », a indiqué KLM dans son communiqué.
« Risque faible »
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour sa part indiqué à l’AFP qu’il « ne pense pas » que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de COVID-19. « Pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible », a-t-il ajouté.
La souche de hantavirus détectée sur un des passagers de la croisière évacué en Afrique du Sud, est celle des Andes, transmissible entre humains, a déclaré le ministre sud-africain de la Santé. L’hôpital universitaire de Genève a confirmé avoir identifié la même souche.
Trois personnes – un couple de Néerlandais et une Allemande qui ont voyagé à bord du MV Hondius – sont mortes depuis le début de la croisière, selon l’OMS. Il reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert, au large de la côte ouest-africaine.
Une personne est hospitalisée à Johannesburg, une autre à Zurich (Suisse) et trois cas suspects ont donc été évacués du navire avant d’être transférés dans deux avions médicalisés.
Les personnes évacuées mercredi vers les Pays-Bas sont, selon Ann Lindstrand, représentante de l’OMS au Cap-Vert, « tous trois dans un état stable et l’un d’eux est asymptomatique ».
Les deux membres d’équipage sont de nationalité britannique et néerlandaise.
Le troisième patient sera pris en charge aux Pays-Bas par les secours allemands pour être hospitalisé en Allemagne, ont indiqué les pompiers à l’AFP, évoquant un cas « contact asymptomatique ». La nationalité et le genre de ce cas contact n’ont pas été précisés.
Un autre passager du navire, dont le cas n’avait encore pas été évoqué jusqu’ici, est par ailleurs hospitalisé à Zurich pour une infection à hantavirus, selon le ministère suisse de la Santé. « Cet homme et son épouse revenaient d’un voyage en Amérique du Sud fin avril », a-t-il précisé.
Le ministère n’a pas indiqué pendant quelle période cet homme de nationalité suisse se trouvait à bord du navire, mais il a ensuite précisé à l’AFP qu’il était « rentré en Suisse depuis Sainte-Hélène », île britannique où le bateau avait fait escale entre les 22 et 24 avril.
Battant pavillon néerlandais, le MV Hondius mouille depuis dimanche près du port de Praia, la capitale cap-verdienne, avec 88 passagers et 59 membres d’équipage de 23 nationalités.
Une infection à hantavirus peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, avait indiqué mardi qu’« aucun nouveau cas symptomatique » n’avait été identifié à bord.
Chaîne de contamination à remonter
À ce stade, l’OMS suppose qu’un ou plusieurs premiers cas « ont été infectés en dehors du navire » par le virus et qu’il y a eu ensuite « une transmission interhumaine », a déclaré Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS.
Toutefois, a-t-elle précisé, il faut que des individus soient vraiment très proches pour se contaminer. « Le risque pour le grand public est faible. Il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou la COVID-19 ».
Après la contamination d’un Britannique, l’organisation a confirmé lundi celle d’une passagère néerlandaise de 69 ans, morte le 26 avril.
L’OMS a précisé que des recherches avaient été lancées pour « retrouver les passagers » du vol commercial entre Sainte-Hélène et Johannesburg emprunté par cette Néerlandaise.
Selon l’autorité sanitaire de la province argentine de la Terre de Feu, dont Ushuaïa est la capitale, le MV Hondius avait fait l’objet des contrôles de rigueur avant son départ de cette ville. Elle a également jugé « très improbable » que la maladie ait été contractée localement. [AFP]