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HOMMAGE À MON FRÈRE MODY NIANG - En souvenir de notre collaboration dans "Devoir d'école : la chronique de l'éducation du mercredi" (Sud Quotidien)

Samedi 17 Octobre 2026

Mody Niang, inspecteur de l'éducation nationale et membre influent de la société civile, décédé le 16-17 octobre 2026 à Dakar

Je suis redevable à feu Mody Niang de mon engagement permanent à partager mon point de vue sur l’école. 

 

En 1994, le journal Sud Quotidien lui avait confié "l'animation" d’une chronique hebdomadaire intitulée « Devoir d’école : la chronique de l’éducation du mercredi ». Nous étions à l’époque tous les deux impliqués dans les activités du GEEP, une ONG qui oeuvrait pour la prise en charge par l'école des problèmes de population et d’environnement. Lors de l’une de nos rencontres au siège du GEEP, il me fit part de son intention de m’associer à la mission que Sud Quotidien lui avait confiée. Pris au dépourvu, je lui fis savoir, pour me dérober, que mes charges de travail ne me permettaient pas d’honorer un tel engagement. Il me demanda alors de lui proposer, au moins, un « papier », en prenant tout mon temps.

 

Au bout d’une dizaine de jours, je lui envoyai un texte intitulé « Le journal, un outil pédagogique », dans lequel je montrais toutes les opportunités qu’offrait l’utilisation d’un journal pour améliorer les apprentissages scolaires. À partir de ce moment, Mody ne me lâcha plus et je me retrouvai ainsi avec un peu moins d’une quarantaine de chroniques publiées entre 1994 et 1995.

 

Il parvint à élargir le cercle des rédacteurs en cooptant Magatte Samb, inspecteur de l’enseignement élémentaire et mon collègue Youssoupha Ndiaye.

 

Si j’ai pu signer autant de chroniques portant sur divers aspects du fonctionnement de notre système éducatif, c’est parce que Mody m’a mis en confiance tout au long de cette expérience, laquelle a d’ailleurs fortement influencé la suite de ma carrière. Il aimait écrire et il m’a poussé à aimer écrire.

 

Mais au-delà de ces souvenirs personnels, Mody Niang demeure surtout une figure exemplaire de l’éducateur et du membre engagé de la société civile.


Éducateur passionné, il croyait profondément à l’école comme lieu d’émancipation, de formation du citoyen et de construction d’une société plus juste.

Membre éclairé de la société civile, il ne se contentait pas de parler de l’école : il interpellait, alertait, dénonçait avec courage la gabegie des gouvernants et prônait la transparence dans la gestion des deniers publics. Il rappelait inlassablement que les ressources publiques sont un bien commun et que leur gestion doit obéir aux exigences de vérité, de redevabilité et de justice.

 

Sa voix dérangeait parfois, mais elle était nécessaire ; elle exprimait une exigence citoyenne qui ne confondait ni patriotisme et silence complice, ni respect des institutions et abandon de l’esprit critique.

 

À travers lui, c’est une certaine idée de l’engagement citoyen qui s’en va : celle d’un homme qui croyait que l’éducation et la cité ne se séparent pas, que former des citoyens lucides et responsables commence par l’exemple de la probité et de la transparence. Son héritage demeure : celui d’un éducateur qui a semé des idées, suscité des vocations et encouragé des voix à s’exprimer ; celui d’un membre de la société civile qui a fait de la dénonciation de la gabegie et de la défense de la transparence un combat citoyen. Que son exemple continue de nous inspirer et que sa mémoire soit honorée par notre fidélité à servir l’école, la vérité et le bien commun. Puisse-t-il reposer en paix.

 

Que les témoignages sur ses qualités humaines soient inscrites à son compte. Que sa mission d’éducateur et de "lanceur d'alerte" soit gratifiée parmi ses bonnes actions.

 

Mes sincères condoléances à sa famille biologique et à ses amis. 

 

El Hadji Habib Camara

 
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