Guinée : Le président Mamadi Doumbouya déploie l’armée aux frontières du pays

Lundi 16 Mars 2026

Mamadi Doumbouya (en bonnet) lors d'une réunion du Conseil supérieur de défense à Conakry

De longues files de véhicules militaires appuyés dans les airs par des hélicoptères, ont quitté les camps militaires de Conakry et sa périphérie pour se déployer aux frontières de la Guinée.

 

Le président Mamadi Dombouya qui a personnellement donné le coup d’envoi de cette mission ce 15 mars 2026, a symboliquement remis le drapeau national aux hauts gradés qui pilotent l’opération.

 

« Je vous confie ce drapeau, qui incarne à la fois un symbole et la responsabilité de défendre notre territoire, nos valeurs et notre avenir. Je rassure le peuple de Guinée qu’aucune portion de la terre léguée par nos ancêtres ne sera conquise par qui que ce soit, » a déclaré le président guinéen.

 

Lors d’une réunion du Conseil Supérieur de Défense Nationale le 12 mars dernier, le général Doumbouya avait ordonné la mobilisation de l’ensemble des forces de défense et de sécurité pour protéger l’intégrité du territoire, garantir la sécurité des personnes et de leurs biens et préserver la stabilité nationale.

 

La Guinée partage des frontières avec les six pays que sont : la Guinée Bissau, le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Libéria et la Sierra Léone mais depuis quelques semaines, des différends persistent au sujet de la gestion des limites frontalières de Conakry avec Monrovia et Freetown.

 

Ce 16 mars à Conakry, le général Mamadi Doumbouya a convoqué un sommet des présidents de l’Union du Fleuve Mano pour trouver une solution à ces litiges frontaliers. Il est le président en exercice de cette organisation sous-régionale qui regroupe la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Libéria et la Sierra Léone.

 

Pour rappel, en début mars 2026, des tensions ont éclaté à la frontière entre la Guinée et le Libéria dans la localité guinéenne de Kiéssènèye non loin de la ville de Guéckédou à environ 700 Km de Conakry. Le 08 mars, une réunion de haut niveau entre les gouvernements des deux pays a eu lieu mais elle n’a pas apaisé les tensions qui ont repris deux jours après.

 

De son côté, Monrovia souligne que les événements en question se sont déroulés dans le district de Foya sur le territoire libérien. Le Libéria a indiqué que l’un de ses citoyens a été blessé dans les échauffourées et a annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière.

 

A la suite de ces incidents, le ministre libérien de l'Information, Jerolinmek Matthew Piah, a signalé que "des efforts diplomatiques" sont en cours pour un règlement à l’amiable.

 

Avant le Libéria, c’est avec la Sierra Léone que la Guinée s’est disputée au sujet des limites de sa frontière.

 

Le 22 février, l’armée guinéenne a arrêté 16 militaires sierra léonais qu’elle accusait d’avoir violé son territoire. Selon Conakry, les faits ont eu lieu dans le district de Kudaya, dans la préfecture de Faranah dans le centre de la Guinée à environ 500 km de Conakry.

 

Les autorités sierra léonaises ont soutenu quant à elle, une autre version. Elles font remarquer que des militaires guinéens sont entrés sur leur territoire pour arrêter plusieurs militaires dont un officier. Freetown situe les faits dans la ville frontalière de Kalleyereh, district de Falaba dans le nord-est de la Sierra Léone à environ 360 kilomètres de Freetown la capitale.

 

Cet incident a été réglé après une rencontre de haut niveau entre les deux gouvernements.

 

Le ministre sierra léonais des Affaires Etrangères Alhadji Timothy Kabba, à la tête d’une délégation qui s’est rendue à Conakry, a pu obtenir la libération des militaires arrêtés après des discussions avec les autorités guinéennes.

 

Le gouvernement sierra léonais a annoncé qu’il privilégie la voie diplomatique pour trouver une solution à ce litige frontalier. [AA]

 
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