La publication, le 3 janvier, d’une carte du Groenland aux couleurs américaines par l’épouse d’un conseiller de Donald Trump a provoqué une réaction ferme du Danemark. Copenhague rappelle que toute remise en cause de son intégrité territoriale est inacceptable, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.
La diplomatie danoise est montée au créneau. Dans un communiqué publié dimanche 4 janvier et repris par France Info, l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis a exigé le “respect total” de l’intégrité territoriale du royaume après un message diffusé sur le réseau social X par Katie Miller, épouse de Stephen Miller et figure influente de l’entourage de Donald Trump. La publication montrait une carte du Groenland aux couleurs du drapeau américain, accompagnée d’un laconique “SOON (BIENTÔT)”, relançant les spéculations sur d’éventuelles ambitions américaines dans l’Arctique.
Dans un communiqué repris par France Info le 4 janvier, Jesper Møller Sørensen a rappelé que les États-Unis et le Danemark sont “des alliés proches”, appelés à “continuer à travailler ensemble”. Mais le diplomate a également tenu à fixer une ligne rouge. “Nous attendons le respect total de l’intégrité territoriale du Danemark”, a-t-il écrit. Donald Trump a, à plusieurs reprises, exprimé son intérêt pour le Groenland, territoire autonome rattaché au royaume danois.
Un contexte géopolitique tendu
La polémique intervient dans un climat international déjà dégradé. Fin décembre, Donald Trump a annoncé la nomination d’un envoyé spécial pour le Groenland, une initiative perçue à Copenhague comme une pression politique supplémentaire.
Le message de Katie Miller est d’autant plus commenté qu’il survient dans la foulée de l’opération américaine ayant conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, renforçant l’image d’une diplomatie américaine assumant le rapport de force.
Pour plusieurs analystes, cette séquence s’inscrit dans une stratégie plus large. Lors d’une conférence de presse après l’arrestation de Nicolás Maduro, Donald Trump a invoqué la doctrine Monroe. “La doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons dépassée de très loin”, a-t-il déclaré, promettant que “la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question”.
Une stratégie américaine assumée
Cette ligne est désormais formalisée dans la nouvelle "stratégie de sécurité nationale" américaine, publiée il y a quelques semaines. Le document affirme la volonté de Washington d’accéder aux ressources et aux positions stratégiques de l’hémisphère occidental, tout en empêchant des puissances dites “non hémisphériques” – la Chine et la Russie sans les nommer – de contrôler des ressources jugées sensibles.
Une posture qui inquiète plusieurs capitales européennes. Selon des diplomates, elle pourrait encourager les grandes puissances à s’affranchir du droit international pour s’approprier par la force des territoires stratégiques, à l’image de Taïwan ou de l’Ukraine.