Gambie : La WAES appelle les autorités à renoncer à l'enregistrement des journalistes

Lundi 13 Avril 2026

La West Africa Editors Society soutient le rejet par la Gambia Press Union (GPU) de la proposition du gouvernement gambien visant à enregistrer les journalistes et les utilisateurs des réseaux sociaux.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

La presse gambienne sur un autre front aujourd'hui après celui mené pour la lumière sur l'assassinat du journaliste Deyda Haidara au début des années 2000 sous le régime de Yahya Jammeh

(Accra, le 12 avril 2026) – La West Africa Editors Society (WAES) a pris connaissance avec une profonde inquiétude de la volonté des autorités gambiennes de faire enregistrer les journalistes et les utilisateurs des réseaux sociaux, une décision que le Syndicat de la presse gambienne (GPU) a catégoriquement et totalement rejetée. 

 

La WAES croit en la liberté sans entrave de la presse et des médias, pleinement garantie par la Constitution de la République de Gambie. Les articles 25 et 207 de la Constitution de 1997 de la République de Gambie garantissent à toute personne le droit à la liberté d'expression, y compris la liberté et l'indépendance de la presse et des autres médias, tout en reconnaissant le devoir des médias de respecter les principes constitutionnels et de veiller à ce que les médias demandent des comptes aux responsables tout en servant l'intérêt public. 

 

Il est donc préoccupant que les autorités gambiennes, à ce moment critique de l’histoire du pays, veuillent faire passer une telle mesure alors même qu’elles devraient plutôt s’efforcer de renforcer les médias, de protéger les journalistes et l’intégrité journalistique en fournissant les ressources nécessaires pour permettre aux médias de jouer leur rôle essentiel, dans le respect des lois, afin de préserver et de renforcer la démocratie. 

 

Ce n'est un secret pour personne que les systèmes d'enregistrement et d'accréditation ont été utilisés comme un outil pour manipuler, réduire au silence et empêcher les médias de demander des comptes aux pouvoirs publics. L'introduction d'un tel dispositif à l'heure actuelle ne laisse aucun doute sur l'existence d'un agenda caché visant à museler les médias au moment même où ils sont le plus nécessaires. 

 

En solidarité avec nos camarades en Gambie, la WAES apporte son soutien indéfectible à la GPU et à son rejet de cette proposition inquiétante visant à enregistrer les journalistes. 

 

« De tels régimes d’enregistrement des médias ne devraient être tolérés dans aucune démocratie, ni même autorisés à voir le jour. Le journalisme est un outil essentiel pour garantir la responsabilité et une gouvernance responsable. Aucun instrument susceptible d’être utilisé pour restreindre la liberté de la presse ne devrait être autorisé dans une société démocratique », déclare Emmanuel K. Dogbevi, président par intérim de la West Africa Editors Society. 

 

« Nous appelons donc les autorités gambiennes à abandonner cette proposition, qui ne renforce pas la démocratie, mais ne fait que l’affaiblir en réduisant au silence des voix indispensables et critiques », a-t-il ajouté. 

 

La liberté de la presse n’est pas un privilège. C’est un droit. Et nous appelons les autorités gambiennes à veiller à ce que les médias bénéficient de toute la protection et de toutes les ressources nécessaires pour accomplir leur travail. 

 

Signé pour la WAES 

Emmanuel K Dogbevi 

Président par intérim 

 

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Note aux rédacteurs: La West Africa Editors Society est un organisme régional représentant les rédacteurs en chef d'Afrique de l'Ouest. Elle est affiliée au Forum des rédacteurs en chef africains (TAEF), qui regroupe les rédacteurs en chef du continent africain. 

Contact: Emmanuel K Dogbevi. Tel: +233244699845 

 

Momo ALADJI
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