Des experts des Nations unies ont exprimé, lundi, leur vive inquiétude face à l’augmentation des arrestations et des poursuites judiciaires visant des agriculteurs et des responsables syndicaux agricoles en France, après l’interpellation de 52 personnes lors de manifestations pacifiques à Paris en janvier.
Dans un communiqué, les experts disent être « alarmés par cette tendance manifeste à criminaliser les activités syndicales pacifiques », estimant que l’arrestation de figures syndicales pour des actes de désobéissance civile non violents constitue « un signal inquiétant » pour les libertés fondamentales.
Ils soulignent notamment les événements du 14 janvier 2026, lorsque la police est intervenue lors d’un rassemblement pacifique devant le ministère français de l’Agriculture, procédant à l’arrestation de 52 personnes. Plus de 150 agriculteurs protestaient alors contre les politiques gouvernementales liées à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, à l’accord commercial UE-Mercosur et au manque de soutien à l’agriculture paysanne. Parmi les personnes interpellées figuraient plusieurs porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, ainsi que des responsables du mouvement international La Via Campesina.
Selon les experts, « l’arrestation de porte-parole nationaux et de dirigeants paysans internationaux pour des actes symboliques de désobéissance civile menace le droit des paysans à exprimer leurs griefs sans crainte d’intimidation ou de représailles ». Ils dénoncent également une réponse policière qu’ils jugent disproportionnée, rappelant que « les autorités ont l’obligation de faciliter les manifestations pacifiques, et non de les réprimer ».
Les experts onusiens ont aussi évoqué l’arrestation, le 9 janvier, de deux porte-parole de la Confédération paysanne près de l’Arc de Triomphe, estimant que ces pratiques soulèvent « de sérieuses inquiétudes concernant la restriction disproportionnée des libertés de réunion pacifique, d’association et d’expression ».
Ils appellent enfin les autorités françaises à privilégier le dialogue avec le monde agricole, soulignant que « les paysans se mobilisent pour protéger leurs moyens de subsistance et participer aux décisions qui affectent leur survie ». Les experts ont indiqué avoir saisi le gouvernement français afin d’obtenir des clarifications sur ces événements. [AA]