La colère lycéenne s'étend comme une tache d'huile. Le 30 septembre, 625 personnes ont été interpellées et 83 forces de l'ordre blessées. Les syndicats appellent les étudiants à un « acte deux » ce 1er octobre alors que des élus se divisent et que le mouvement menace de s'embraser.
La mobilisation des lycéens pour des remplacements de professeurs et davantage de moyens gagne du terrain. Avec plus de six cents arrestations en une seule journée et des élus sous pression, la contestation, déjà émaillée de violences, pourrait basculer.
Le mouvement a touché 356 établissements le 30 septembre, soit près d'une vingtaine de plus que la veille, selon le ministère de l'Intérieur. Pour la seule journée, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers ou gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, a indiqué le ministre de l'Éducation Édouard Geffray.
L'inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de trois enquêtes après des blessures de lycéens à Sevran, Saint-Ouen-l'Aumône et Tours, où un jeune a été hospitalisé pour des lésions « compatibles » avec un tir de lanceur de balles de défense (LBD). Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a pourtant jugé les interventions « proportionnées » et a renouvelé ses instructions aux préfets et à l'ensemble des services de sécurité intérieure.
Lors d'une conférence de presse commune le 30 septembre à Paris avec l'Union étudiante, le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, a appelé à un « acte deux » de la mobilisation. Il a réclamé un « financement massif des lycées et des universités » et invité « toutes les organisations syndicales, associatives et politiques » à les rejoindre jeudi et le 6 octobre. L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) a de son côté appelé les étudiants « à descendre dans les rues partout en France ».
Ce mot d'ordre a trouvé un écho : les adhérents de l'Union étudiante et de l'Unef sont ainsi conviés à manifester ce 1ᵉʳ octobre et le 6 octobre, contre la suppression de places en fac et le gel des APL. Les élus, eux, peinent à contenir la tension. À Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko a créé la polémique en affirmant que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », avant d'appeler à la désescalade, alors que le parti est en pointe dans la contestation.
Le préfet a signalé ses propos. Sur X, Jean-Luc Mélenchon a répondu : « Les Insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte. […] Le gouvernement doit répondre aux revendications ».
Emmanuel Macron, depuis Madrid, a lui martelé qu'« aucune de ces craintes ne légitime la violence » et que les responsables politiques ne sont « pas là pour agiter les peurs ».
Des feux de poubelles, tirs de mortiers et barricades ont émaillé plusieurs villes. Le gouvernement a annoncé une « plateforme de concertation » pour recueillir les revendications lycéennes, avec une restitution nationale promise par Édouard Geffray. Mais face à l'extension du mouvement et aux appels à l'« acte deux », la question demeure : jusqu'où ira la colère ? [Press TV]