Les ossements de cinq bébés morts ont été retrouvés dans le sud-est de la France, au domicile d’une famille dont la femme venait d’accoucher d’un bébé en bonne santé.
Le compagnon de la mère de famille est à l’origine de la découverte, selon le parquet, qui a annoncé mardi avoir ouvert une enquête pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans.
L’homme, âgé de 32 ans, a été « troublé par la découverte une nouvelle fois très tardive de la grossesse de sa compagne, laquelle avait accouché [dimanche] à domicile avant d’être transportée à l’hôpital ». Chez lui, il a entrepris « des recherches » et découvert « ce qui s’apparentait à des restes humains ». Toujours selon le parquet, l’homme a prévenu le centre hospitalier d’Orange qui a alerté le parquet.
La police a perquisitionné le domicile du couple, un appartement dans le centre-ville d’Orange, dans la soirée de lundi.
Un médecin légiste a estimé « que les ossements et le corps en décomposition découverts appartiendraient à cinq nourrissons », a indiqué le parquet, confirmant des informations de sources proches de l’enquête. Une autopsie du corps sera pratiquée et les ossements seront analysés en laboratoire.
La mère, elle aussi âgée de 32 ans et toujours hospitalisée après avoir accouché d’un bébé en bonne santé dimanche, n’a pas encore été entendue par les enquêteurs, selon le parquet.
Le couple, qui a aussi deux enfants de huit et neuf ans, vit au deuxième étage d’un immeuble ancien, à deux pas du théâtre antique d’Orange.
Mardi matin, des vélos et des trottinettes étaient rangés devant la porte de l’appartement, où des scellés de la police indiquent : « meurtre sur mineur ».
Un voisin, Philippe Constant, a indiqué à l’AFP avoir été réveillé vers 23 h lundi par la police qui a sonné chez lui, cherchant l’appartement du couple, une photo de la mère de famille à la main.
Un autre voisin, vivant dans la ruelle adjacente, Florent Jean, décrit « des gens charmants », arrivés depuis deux ans environ dans l’immeuble et qui avaient deux enfants scolarisés à l’école élémentaire du quartier.
Selon lui, la femme « allait chercher les enfants le midi à l’école pour manger », et l’homme « allait travailler le matin et revenait le soir », « des gens normaux, quoi ».
Les cas d’homicides répétés de bébés à la naissance ne sont pas rares, parfois marqués par une altération du discernement de la mère ou le déni de grossesses restées inconnues de l’entourage.
Dans la plus grave affaire française d’infanticide, Dominique Cottrez, une ancienne aide-soignante a tué huit nouveau-nés dont les corps ont été découverts en 2010, enterrés dans le jardin de ses parents et dans son propre garage. Elle avait été condamnée en 2015, alors âgée de 51 ans, à neuf ans d’emprisonnement. [AFP]