Dimanche 1er février, l'ayatollah Khamenei, ultime décisionnaire iranien, a menacé les États-Unis, affirmant qu'une attaque sur son territoire se transformerait en "guerre régionale". Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que "l’Iran doit cesser d’être une menace" pour son peuple et ses voisins.
Si Téhéran et Washington annonçaient, samedi 31 janvier, avoir lancé des négociations, l'ayatollah Khamenei a opté pour la menace, dimanche 1er février. "Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale", a-t-il déclaré, selon l'agence Tasnim reprise par Le Figaro.
Téhéran n'entend pas répéter le schéma de la guerre de 12 jours, déclenchée en juin dernier par Israël et qui, selon le ministère iranien de la Santé, avait fait au moins 627 morts et près de 4 900 civils blessés. En face, Washington a déployé une "armada" d'une dizaine de navires de guerre dans le golfe Persique ces derniers jours.
L’Iran doit cesser d’être une menace pour son environnement régional
Dans un entretien publié le 1er février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a estimé que l'Iran doit "se résoudre à des concessions majeures et à un changement radical de posture" et "se saisir" des propositions de négociations américaines, alors que "les États-Unis se sont mis en situation de lancer une opération militaire contre l’Iran".
"L’Iran doit cesser d’être une menace pour son environnement régional et pour nos intérêts de sécurité", a également tancé celui qui a une nouvelle fois demandé le retour de Cécile Kohler et Jacques Paris, "Et le peuple iranien doit retrouver sa liberté". En ce sens, il exige que "le régime mette fin à l’oppression, libère les prisonniers, cesse les exécutions, rétablisse Internet".
Les armées européennes classées "terroristes"
Le 29 janvier, l'Union européenne annonçait classer les Gardiens de la révolution, au pouvoir en Iran, comme organisation terroriste au même titre qu'Al-Qaïda, le Hamas et Daech. Une "erreur stratégique majeure" pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui a répondu : "L'Europe attise le feu." Dimanche 1er février, le Parlement iranien a, à son tour, déclaré que "les armées des pays européens sont considérées comme groupes terroristes".
Plus tard, l'ayatollah Khamenei a qualifié les manifestations anti-régime, qui ont commencé le 28 décembre dernier, de "véritable coup d’État" qui aurait "échoué", selon l'agence Tasnim. Il estime que les protestataires "ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des Gardiens de la Révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran." Dans les rues, la répression est sanglante. 30 000 personnes seraient mortes les 8 et 9 janvier derniers dans le pays, d'après les journalistes américains du Time. [6Medias]