Au moins 30 personnes sont mortes mercredi dans la collision de deux trains à grande vitesse à environ 150 kilomètres au sud de Madrid, selon un nouveau bilan des autorités de la région de Castille-La-Manche communiqué à l’AFP.
Un précédent bilan des autorités régionales faisait état d’« au moins 10 morts » dans cet accident, survenu moins d’un an après la tragédie ferroviaire d’Adamuz, en Andalousie, où 46 personnes avaient trouvé la mort dans une violente collision entre deux trains.
La télévision espagnole montrait en direct mercredi des images des trains accidentés, dont visiblement deux wagons ont déraillé avant de finir en contrebas du talus. À quelques dizaines de mètres, des voyageurs, encore sous le choc, tiraient leurs valises le long de la route.
Le premier ministre, Pedro Sanchez, s’est rapidement dit sur le réseau X « consterné par ce grave accident » et « en contact permanent », notamment avec son ministre des Transports, Oscar Puente.
Selon un porte-parole des services d’urgence espagnols sollicité par l’AFP, la collision a eu lieu « à 8 h 54 » (3 h 54 heure de l’Est) entre « deux trains, l’un de [l’opérateur privé] Iryo et l’autre de [la compagnie nationale] Renfe », près de la station d’Urda, dans la région de Castille-La-Manche.
« Tragédie »
Plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités de soins intensifs mobiles (UVI) sont déjà sur place, d’après les autorités.
La ministre de la Santé, Monica Garcia a expliqué à la télévision publique RTVE redouter « une tragédie importante », estimant que la priorité était de « sortir les gens le plus vite possible », notamment des wagons qui ont déraillé.
« Nous n’avons pas d’information » sur la cause de l’accident, a-t-elle par ailleurs ajouté.
En l’état, la circulation « est interrompue » sur la ligne à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie, la région méridionale d’Espagne, a indiqué sur X l’entreprise publique chargée de gérer l’infrastructure ferroviaire, ADIF.
La Renfe, dont un train Madrid-Séville est impliqué dans l’accident, a pour sa part dit dans un communiqué avoir ouvert une cellule de crise de soutien aux familles des victimes et « recueille des informations afin d’évaluer l’ampleur de l’accident ».
Campagne électorale perturbée
Le chef du gouvernement a annulé sa participation à un sommet sur l’obésité prévu mercredi matin à Madrid, selon ses services, tandis que le Parti socialiste (PSOE), qu’il dirige, a annoncé la suspension de toutes les activités de campagne pour la journée et jeudi.
Emiliano García-Page, président de la Castille-La Manche, a de son côté annoncé suspendre son agenda et se rendre sur les lieux de l’accident, disant suivre la situation « avec préoccupation ».
Le chef du Parti populaire (PP, droite), Alberto Nuñez Feijoo, s’est, lui aussi, dit sur X « très préoccupé » face à ce nouvel accident de trains.
À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déploré une « terrible nouvelle », affirmant que « l’Europe est aujourd’hui en deuil [aux] côtés » de l’Espagne.
Avec 4000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et l’une des fiertés du pays.
La collision d’Adamuz le 18 janvier, également entre deux trains à grande vitesse, avait ravivé les débats en Espagne sur l’entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.
Cet accident, lors duquel un train de l’entreprise privée Iryo a déraillé avant de heurter un train de la Renfe venant en sens inverse, avait également suscité de vives critiques de l’opposition de droite et d’extrême droite contre le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez.
L’exécutif s’était engagé dans la foulée à investir 1,8 milliard d’euros (2,8 milliards de dollars canadiens) pour améliorer la maintenance du réseau, créer 3650 emplois et renforcer la sécurité ferroviaire. [AFP]