Ousmane Sonko a annoncé aujourd’hui avoir eu un long entretien téléphonique avec Jean-Luc Mélenchon, chef de La France Insoumise (LFI), en présence de son proche conseiller Arnaud Le Gall, député à l’assemblée nationale française.
« Nos échanges ont (...) tourné autour de la géopolitique mondiale, des relations entre l’Europe et l’Afrique, mais plus singulièrement entre la France et le Sénégal », a précisé le chef du Pastef sur ses réseaux sociaux. Il a salué « une très grande convergence de vues sur ces problèmes. »
Sur le sujet « des dérives autocratiques et des reculs démocratiques », Ousmane Sonko indique qu’il a été abordé « avec beaucoup de lucidité ».
Sur son compte Twitter, le fondateur de LFI évoque des « échanges approfondis » avec Ousmane Sonko « sur l’avenir des relations entre la France et le Sénégal ». A ce sujet, Mélenchon pointe des « programmes différents » entre eux mais note l’existence d’« une volonté commune de lutter contre la dérive autoritaire de nos gouvernements. » Une allusion à Macky Sall et Emmanuel Macron dont les deux pays sont aujourd’hui confrontés à de vastes contestations politiques.
Au Sénégal, c’est l’envie prêtée à l’actuel-futur président sortant de briguer un 3e mandat consécutif alors que la Constitution le lui interdit. En France, une insurrection démocratique et citoyenne est en cours depuis plus de trois mois pour contester la loi sur les retraites votées au forcing grâce à l’article 49.3 de la constitution et validée le vendredi 14 avril par le conseil constitutionnel.
Il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon avait durement dénoncé le rétrécissement des libertés publiques et les tendances autocratiques du régime de Macky Sall, en particulier à l'endroit des opposants regroupés dans la coalition Yewwi Askan Wi.
Plus récemment, les députés André Chassaigne et Jean-Paul Lecoq avaient également exprimé leurs inquiétudes face aux actes posés par le président sénégalais en direction d'une 3e candidature en février 2024, une option que la Constitution ne lui permet pas depuis le référendum de mars 2016. Une lettre avait été alors adressée à la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Catherine Colonna. Me Oumar Youm, président du groupe parlementaire de la coalition au pouvoir, avait pris la plume pour défendre la souveraineté du Sénégal.
Ces discussions avec Jean-Luc Mélenchon font suite à la rencontre à Dakar en mars dernier avec Nadège Chouat, la numéro 2 de la Cellule africaine de l’Elysée de passage à Dakar. (IMPACT.SN)