Le Sénat américain a officiellement confirmé Jay Clayton comme directeur du renseignement national, malgré les réserves de l’opposition démocrate, qui craint que ce choix de Donald Trump ne l’aide à interférer dans les prochaines élections.
Le président américain l’a rapidement félicité sur sa plateforme Truth Social : « Jay est incroyable à tous points de vue, et il fera un travail spectaculaire comme directeur », a-t-il écrit.
La nomination de ce procureur a été approuvée mardi soir avec 51 voix pour et 47 contre, toutes démocrates.
Aux États-Unis, le poste de directeur du renseignement national (DNI) sert avant tout de coordinateur des différentes agences comme la CIA et la NSA, et présente un rapport quotidien au président.
Jay Clayton était procureur du district sud de New York depuis le printemps 2025, après avoir dirigé la puissante autorité des marchés boursiers (SEC) pendant le premier mandat de Donald Trump.
Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a défendu son bilan comme procureur. « Il a supervisé les poursuites contre des terroristes et la rédaction de la mise en accusation contre Nicolás Maduro », a-t-il affirmé dans l’hémicycle, en référence au président vénézuélien poursuivi à New York depuis sa capture début janvier par les États-Unis.
John Thune a aussi accusé les démocrates de se livrer à « des jeux politiciens » en s’opposant au choix de Donald Trump.
Lors d’une audition mi-juillet devant une commission du Sénat, en vue de la confirmation de sa nomination, Jay Clayton avait fait face au feu nourri des membres démocrates, notamment au sujet du résultat de l’élection présidentielle de 2020.
À plusieurs reprises, ils lui ont en effet demandé qui avait remporté le scrutin, cherchant à savoir s’il allait contredire Donald Trump, qui ne cesse d’affirmer sans preuve avoir remporté l’élection face au démocrate Joe Biden.
Jay Clayton avait alors répété à plusieurs reprises que Joe Biden avait été « certifié » vainqueur, sans toutefois affirmer qu’il avait remporté l’élection.
À l’issue du vote de mardi, le sénateur démocrate Mark Warner, vice-président de la commission du renseignement, a dit qu’il était « ressorti de l’audition de confirmation avec de sérieux doutes sur sa volonté de résister aux pressions politiques ».
« J’espère sincèrement qu’il démontrera que ces inquiétudes sont infondées, car la communauté du renseignement mérite une direction plus stable que celle dont elle a bénéficié ces derniers mois », a déclaré M. Warner.
Pour un autre sénateur démocrate, Adam Schiff, les déclarations de M. Clayton « suggèrent que si le président veut que les agences de renseignement lui concoctent quelque chose pour justifier une ingérence dans les élections de mi-mandat, alors Jay Clayton n’aura pas le courage de lui faire face ».
La nomination de Jay Clayton en juin avait fait suite à une vive polémique après que Donald Trump eut désigné un proche allié, Bill Pulte, comme DNI par intérim, pour remplacer la démissionnaire Tulsi Gabbard.
À la tête d’une agence fédérale sur le logement, Bill Pulte avait en effet entamé des enquêtes contre plusieurs adversaires politiques du président républicain.
Dans ses dernières heures de son intérim, ce dernier a annoncé mardi avoir effectué « un cinquième et presque dernier tour de limogeages » au sein des bureaux du DNI — soit « une réduction d’environ 30 % des effectifs d’il y a quelques semaines », comme le lui avait demandé Donald Trump en le nommant. [AFP]