Au moins deux soldats israéliens ont été tués et sept autres blessés par un engin explosif dans le sud du Liban, où Israël a intensifié ses attaques. Un troisième soldat serait dans un état critique et ferait actuellement l’objet d’une intervention chirurgicale d’urgence. Cela intervient dans un contexte marqué par la poursuite des agressions israéliennes dans la région dont la dernière en date s’est soldée par la mort d’un Libanais et a fait douze blessés.
L’explosion signalée s’est produite alors que les forces d’occupation israéliennes poursuivaient leurs raids dans le sud du Liban. Les soldats, appartenant à la 55e brigade, ont été tués alors qu’ils se trouvaient à l’intérieur d’un bâtiment piégé à Majdalzoun, dans le sud du Liban, ont indiqué les médias du régime.
Des informations publiées plus tôt faisaient état de plusieurs soldats israéliens grièvement blessés lors d’un important incident dans le sud du Liban et évacués vers des hôpitaux situés dans les territoires palestiniens occupés. Un hélicoptère militaire israélien a notamment été aperçu atterrissant à l’hôpital Rambam, à Haïfa, avec à son bord des soldats blessés.
Ceci alors que les exactions du régime de Tel-Aviv se poursuivent. Des avions de combat israéliens ont bombardé la ville d’al-Mansouri et la zone voisine d’al-Mashaa, tandis que l’artillerie israélienne pilonnait les abords de Majdalzoun et de Chebaa.
Au cours de la nuit, les forces israéliennes ont fait exploser des habitations dans les localités frontalières de Kfartebnit, d’al-Mansouri et de Haddatha. Elles ont également incendié des forêts et des vergers à Houla, les flammes se propageant jusqu’aux habitations de cette localité frontalière.
Face à cette escalade, Israël a menacé d’évacuer les habitants d’al-Mansouri, accusant le Hezbollah d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu.
Une frappe de drone israélienne fait un mort au Liban
Peu après cette menace d’évacuation, une frappe israélienne sur Tebnine, dans le caza de Bint Jbeil, a fait un mort et douze blessés mercredi, selon le Centre des opérations d’urgence du ministère libanais de la Santé.
La frappe, menée par un drone, a visé un lieu de prière de la localité et provoqué des incendies dans les zones boisées environnantes.
Plusieurs autres personnes ont également été blessées dans la ville par l’explosion de munitions israéliennes non explosées. Par ailleurs, des avions israéliens ont mené des simulations de raids et largué des fusées éclairantes au-dessus de plusieurs secteurs, notamment aux alentours de la colline d’Ali al-Taher.
La chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen a rapporté qu’un drone israélien avait largué une bombe sonore à la périphérie de Kfar Shouba. Elle a également indiqué que les forces israéliennes avaient délibérément détruit un puits d’eau à Wadi Saluki à l’aide d’un bulldozer.
Cette nouvelle escalade intervient alors que plus de 800 000 Libanais déplacés par les attaques israéliennes ont commencé à regagner leurs localités d’origine à la faveur d’une accalmie des combats, selon les Nations Unies.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué que, au 30 juillet, 821 077 personnes étaient retournées dans leurs régions d’origine. Toutefois, plus de 360 000 personnes demeuraient déplacées, dont près de 26 000 hébergées dans des centres d’accueil gouvernementaux.
L’OCHA a également souligné que les destructions des infrastructures d’eau et d’électricité causées par les frappes israéliennes avaient gravement perturbé l’accès à l’eau pour plus de 700 000 habitants du sud du Liban, région où résidait la majorité des personnes déplacées par la guerre.
Cette escalade survient alors que le gouvernement libanais et Israël ont entamé à Rome une nouvelle série de pourparlers sous l’égide des États-Unis, officiellement destinés à mettre fin aux combats. Ces négociations devraient se poursuivre jusqu’à jeudi.
Le 26 juin, le Liban et Israël ont signé un accord-cadre sous l’égide des États-Unis prévoyant un retrait progressif des forces israéliennes de l’ensemble des territoires occupés au Liban.
L’accord ne fixe toutefois aucun calendrier pour ce retrait. Sa mise en œuvre est conditionnée à la prise en charge par l’armée libanaise de l’entière responsabilité de la sécurité dans les zones évacuées ainsi qu’au désarmement des groupes de résistance, notamment le Hezbollah.
Le Hezbollah a rejeté cet accord, estimant qu’il légalisait l’occupation israélienne du sud du Liban. Le mouvement Amal l’a également rejeté, affirmant que la plupart de ses dispositions portent atteinte aux intérêts nationaux du Liban et servent ceux du régime israélien.
Lors d’une rencontre avec le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche le mois dernier, le président libanais Joseph Aoun a réitéré la demande de Beyrouth en faveur d’un retrait total des forces d’occupation israéliennes du territoire libanais. Il a déclaré que la pleine application de l’accord de cessez-le-feu demeurait impossible tant que les violations israéliennes se poursuivaient.
Selon les statistiques officielles libanaises, les offensives israéliennes au Liban ont fait au moins 4 330 morts, 12 236 blessés et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes depuis le 2 mars.
Israël maintient son occupation de plusieurs secteurs du sud du Liban, certains occupés depuis des décennies, d’autres conquis au cours de son offensive de 2023-2024. [Press TV]