Un collectif d’historiens et d’islamologues a restitué dans un ouvrage “l’histoire totale” de l’Almamy Maba Diakhou Bâ (1806-1867), un siècle et demi après la disparition de ce “martyr de l’islam”, tombé au champ d’honneur en en 1867, lors de la bataille de Somb.
Intitulé “Almamy Maba Diakhou Bâ martyr de l’Islam”, cet ouvrage de 352 pages, présenté samedi, à Dakar, est le résultat du symposium organisé du 12 au 13 décembre 2017 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en hommage à l’Almamy Maba Diakhou Bâ.
Un siècle et demi après la disparition en 1867 lors de la bataille de Somb, ce travail consacre la réécriture de l’histoire de ce personnage important dans la culture islamique et de l’Afrique de l’Ouest.
“La deuxième qualité de l’ouvrage, ce n’est pas une approche géographique, où il s’agit de restituer l’homme Maba, mais c’est une histoire totale qui convoque plusieurs approches, plusieurs disciplines”, a déclaré l’historien sénégalais Mor Ndao.
Intervenant lors de la cérémonie marquant la présentation et de dédicace de l’ouvrage qu’il a dirigé, le professeur Ndao soutient que les experts ayant travaillé sur cet ouvrage se sont appuyés sur des archives écrites, orales et d’autres sources, en vue de ”construire un savoir total et une connaissance” pouvant ”éclairer cette figure emblématique”.
“Ce sont des professionnels historiens qui ont fait des enquêtes de terrain, qui ont exploré les archives de l’administration française, mais aussi les archives anglaises”, a-t-il souligné.
Selon lui, l’apport fondamental de cet ouvrage est d’essayer de décrypter les écrits de Maba, tout en interrogeant les archives sur ses compagnons fidèles, ses œuvres, ses projets ou encore la richesse de sa stratégie militaire.
Il était également question de parler de son legs, de ce qu’il a laissé comme patrimoine matériel et immatériel, pour convoquer un devoir de mémoire.
Il ajoute que la troisième qualité de l’ouvrage réside dans le fait qu’il répond aux normes académiques internationales admises en la matière.
“Cet ouvrage, on le garantit, peut être enseigné partout dans le monde. Nous avons l’obligation de reconnaître, de rendre hommage à ces anciens, qui se sont battus, qui ont versé leur sang pour défendre leur patrie”, a déclaré le professeur Ndao.
Selon Moustapha Sow, l’un des contributeurs à cet ouvrage, l’apport de Maba Diakhou Ba sur l’islamisation de la Casamance, à travers Fodé Kaba Doumbia (1818-1901), a été également mentionné.
“C’est pour vous dire un peu que ce qui est plus connu, c’est ce qu’il a fait dans le nord, mais que son action dépasse ce cadre-là et va jusqu’en Gambie”, a-t-il noté.
Maba Diakhou Bâ est le fils de Ndiogou Bâ, un marabout originaire du Fouta-Toro descendant de la dynastie Denianké venu s’installer au Saloum.
Il a opposé une farouche résistance à la colonisation française en essayant d’unifier différents royaumes à travers une guerre sainte.
Il voulait unifier et établir une justice et des règles communes afin de supprimer l’anarchie entre royaumes voisins, générée par les guerriers.
Il a également entrepris d’islamiser les populations animistes afin de les fédérer en une seule religion avec des règles pour tous.
Maba Diakhou Bâ, Almamy du Rip, a été tué à la bataille de Fandane-Thiouthioune, communément appelé la bataille de Somb, en 1867. [APS]