« Nous, Cadres, Universitaires, Experts et Acteurs économiques membres de la Coalition des Cadres de la Majorité Présidentielle, avons suivi avec attention le débat qui agite notre pays ces dernières semaines autour de la dette publique.
La question est légitime, personne ne le conteste. Mais parce qu'elle touche à l'avenir de notre nation, nous ne pouvons pas nous contenter de slogans ou de postures. Les Sénégalais méritent mieux que des débats stériles.
La tribune signée par 191 universitaires proches du PASTEF a jeté un pavé dans la mare. C'est leur droit. Mais nous, cadres de la majorité, nous devons répondre avec ce qui nous caractérise : la rigueur, les chiffres et le sens des responsabilités.
Le Gouvernement a pris ses responsabilités en présentant, le 1er septembre 2026, le Plan de traitement de la dette du Sénégal. Une initiative souveraine, mûrement réfléchie, dont l'objectif est clair : alléger le fardeau de la dette pour dégager des marges budgétaires et investir dans l'avenir de nos enfants.
Pourquoi il faut agir, et vite
Regardons les chiffres ensemble, sans émotion, sans parti pris.
Le FMI estimait notre dette publique à 132 % du PIB à fin 2024. Un niveau préoccupant, personne ne le nie. Mais le Sénégal, malgré cette situation difficile, n'a jamais manqué à ses engagements. Il a toujours payé, toujours respecté sa parole
Cependant, dans le budget 2026, les intérêts et commissions de la dette représentent 1 190,6 milliards de FCFA. C'est 25 % de nos recettes fiscales. Rien que cela. Et c'est 258,5 milliards de plus qu'en 2025.
Autrement dit, chaque année, une part de plus en plus grande de l'argent du contribuable s'en va dans le remboursement de la dette. L'inaction, dans ce contexte, n'est pas une option. Ce serait même la pire des décisions.
Le Gouvernement, lui, a engagé des réformes qui commencent à porter leurs fruits. Le déficit budgétaire est passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025. La croissance réelle a atteint 6,5 % en 2024 et 6,7 % en 2025, même si nous projetons une baisse à 2,7 % en 2026 en raison des chocs récents.
Voilà la réalité : nous devons, en même temps, réduire le déficit, maîtriser la dette et préserver la croissance. C'est un exercice d'équilibriste, mais nous n'avons pas le choix.
Traitement ne veut pas dire restructuration
C'est là que le bât blesse dans la tribune des 191. Ils confondent allègrement traitement et restructuration, comme si les deux mots étaient synonymes. Ils ne le sont pas.
Le Gouvernement a lancé un Plan de traitement de la dette, une stratégie active pour réduire les vulnérabilités et restaurer des marges de manœuvre. Le FMI lui-même, dans son communiqué du 1er septembre 2026, parle de « traitement de la dette » et précise que les autorités sénégalaises ont annoncé leur intention de solliciter un traitement.
Ce n'est pas une restructuration décidée unilatéralement. C'est un processus, une négociation, une recherche de solutions. Présenter cela comme une catastrophe annoncée, c'est faire le jeu de la peur. Et les Sénégalais n'ont pas besoin de peur. Ils ont besoin de confiance.
Le Gouvernement ne fuit pas, il agit
Certains voudraient nous faire croire que le Gouvernement se cache derrière le FMI. C'est faux.
La vraie question, celle que nous devons tous nous poser, est simple : quelle stratégie permet de réduire le coût de la dette, de préserver les intérêts du Sénégal, de restaurer notre crédibilité financière et de dégager des marges pour investir dans l'éducation, la santé, l'emploi ? C'est exactement ce que le PTDS cherche à faire.
Le contexte est difficile. L'accès aux marchés internationaux s'est dégradé. Les marges budgétaires sont réduites. Le Ministère de l'Économie, des Finances et du Plan le rappelle lui-même : il y a urgence à réduire les vulnérabilités.
Refuser de traiter la dette par posture politique, ce n'est pas de la souveraineté. C'est de l'irresponsabilité. Les Sénégalais méritent mieux que des discours qui les rassurent sans les aider.
Des questions légitimes, mais des conclusions hâtives
Soyons honnêtes. Certaines questions soulevées par les 191 signataires sont légitimes. La transparence, la responsabilité, la protection des populations... Ce sont des sujets importants.
Mais transformer ces questions légitimes en procès politique contre la stratégie actuelle, c'est bloquer l'action publique. Et le Sénégal ne peut pas se permettre de rester bloqué.
Nous devons établir les responsabilités du passé. C'est fait, en partie, avec l'audit des finances publiques qui a révélé l'ampleur des déséquilibres. Mais nous devons surtout regarder vers l'avant, construire, réformer.
Le Gouvernement a déjà engagé des réformes de gouvernance, de transparence budgétaire et de gestion de la dette. C'est un début. Mais nous devons aller plus loin.
Le FMI ne dicte pas, il accompagne
La tribune des 191 laisse entendre que le Sénégal aurait perdu toute capacité de décision face au FMI. C'est un raccourci qui n'a rien à voir avec la réalité.
Le communiqué du FMI est clair : l'accord conclu au niveau des services doit encore être soumis à l'approbation de la Direction et du Conseil d'administration du Fonds. Le programme vise la stabilité macroéconomique, la viabilité de la dette, la réduction des vulnérabilités et le soutien à une croissance tirée par le secteur privé.
Mais surtout, le FMI a rappelé que le choix des opérations spécifiques de dette relève de la décision souveraine du Sénégal. Alors, de grâce, arrêtons de faire croire que nous sommes sous tutelle.
La souveraineté, ce n'est pas refuser toute négociation. C'est négocier dans l'intérêt du peuple et garder le dernier mot. La vraie souveraineté, c'est l'indépendance financière.
La véritable souveraineté économique, celle que nous devons construire ensemble, ne consiste pas à refuser de traiter notre dette. Elle consiste à faire en sorte que demain, nous puissions financer notre développement avec nos propres ressources.
Cela passe par une meilleure mobilisation fiscale, une économie productive plus forte, une épargne nationale bien orientée, une gestion rigoureuse des finances publiques.
Le Gouvernement a inscrit tout cela dans son programme de réforme. C'est le chemin. Il est long, il est exigeant, mais c'est le bon.
À ceux qui veulent faire de la dette un combat partisan
Nous leur disons simplement : la dette n'appartient ni au Gouvernement, ni à l'opposition, ni à un parti. Elle appartient au peuple sénégalais. Elle doit être traitée avec responsabilité, sans démagogie, sans instrumentalisation.
Nous devons reconnaître les erreurs du passé sans condamner l'avenir. Demander des comptes sans bloquer l'action publique. Défendre nos intérêts sans fragiliser davantage la signature du Sénégal. Aujourd'hui, notre pays a besoin d'une union des compétences, pas d'une guerre des slogans.
À ceux qui annoncent déjà la catastrophe, nous posons une question simple : quelle est votre alternative concrète ? Et surtout, comment comptez-vous résoudre le problème sans traiter la dette ? Les Sénégalais attendent des réponses.
Notre position
Nous, Cadres de la Coalition de la Majorité Présidentielle, soutenons clairement la démarche engagée par le Gouvernement. Parce que traiter la dette, c'est restaurer la confiance. C'est restaurer la soutenabilité des finances publiques. C'est créer les conditions d'un nouveau cycle de croissance.
Nous refusons en revanche les amalgames qui présentent toute opération de gestion de la dette comme une capitulation.
Le Sénégal traverse une période difficile. Mais notre pays dispose d'atouts considérables : ses ressources naturelles, son capital humain, son secteur privé, sa diaspora, son potentiel agricole, industriel et énergétique.
Nous devons sortir de la dette par la croissance, de la vulnérabilité par la production, de la dépendance par la transformation structurelle de notre économie.
C'est cela, la souveraineté économique. Et c'est précisément pourquoi nous soutenons une démarche de traitement responsable.
Le Sénégal n'a pas besoin de slogans. Il a besoin de solutions. Le Sénégal n'a pas besoin de peur. Il a besoin de confiance. Le Sénégal n'a pas besoin d'un procès permanent. Il a besoin d'une stratégie.
Traitons la dette pour libérer l'avenir. Produisons davantage pour renforcer notre souveraineté. Rassemblons nos compétences pour accélérer la transformation du Sénégal sous le leadership éclairé de SEM le Président Bassirou Diomaye Faye.
Vive la République !
Vive le Sénégal !
Ont signé :
1. Professeur Papa Ibra SAMB, Professeur titulaire de classe exceptionnelle et ancien recteur.
2. Dr Maguette WADE, ancien Directeur BAD et maire de Ngaye.
3. Dr Mohamed NDIAYE, Économiste et Financier.
4. Dr Ndéné SIKA, Professeur d'université.
5. Dr Mamadou NDAO, professeur d'université.
6. Dr Doudou SIDIBÉ, Docteur en sciences de gestion et relations internationales.
7. Dr Djiby NDAO, Economiste.
8. Professeur Alioune Badara SY, Président CREDA Professeur à l'UCAD
9. Babacar Sané BA, Expert en diplomatie économique.
10. Mamadou DIA Économiste, expert en commerce international.
11. Djibril BEYE Économiste et Expert comptable.
12. Tamba DANFAKHA, Chef d'entreprise expert projet.
13. Sérigne Mbacké SENE, expert en intelligence économique.
14. Idrissa Guéye, Économiste, ingénieur financier, Professeur en sciences de gestion.
15. Dr Mamadou Samba HANNE, Économiste Enseignant Chercheur.
16. Dr Lansana Gagny SAKHO, PCA,Secrétaire général du centre africain de veille et d'intégration économique (CAVIE) .
17. Thierno Ousmane BA, Logisticien.
18. Papa Boubacar DIALLO, Ingénieur, expert en Économie numérique.
19. Dr Aminata TOURÉ, Ancienne Première Ministre.
20. Dr Mamadou THIAW, Expert Comptable.
21. Dr Sokhna Diarra Bousso DIOUM, Economiste, Enseignant Chercheur, Experte en Finance.
22. Monsieur Lababa FAYE, Expert en analyse de données et économie numérique.
23. Dr Abdoulaye TINE, Juriste Ministre conseiller.
24. Dieynaba BA, Cheffe d'entreprise.
25. Rouguiyatou DIALLO, Experte en Assurance.
26. Fatou Kiné FALL, Cadre d'entreprise à Memphis aux USA.
27. Bassirou DIENG, Journaliste Communicant.
28. Abdou Karim SARR, Économiste.1
29. Mouhamadou Lamine NDIAYE, Expert en gestion de projet.
30. Fatou DIOUF Cadre de Banque.
31. Dr Abdou Aziz CORREA Expert en energies renouvelables.
32. Dr Mamadou MBODJI, Expert Énergies, Pétrole, gaz, et Industries.
33. Dr Mamadou GANO, Economiste, Enseignant Chercheur à la FASEG UCAD.
34. Magatte Kamara SECK, Expert en Banque Finance.
35. Ibrahima DIOP, Expert Climat et économie verte.
36. Moustapha NDAO, Expert Sûreté sécurité gestion de Crise de Crise, antiterrorisme, installation pétrolière et gazière.
37. Sérigne Aliou DIOP, Expert en négociations commerciales internationales et Directeur environnement expert ASEPEX.
38. Ahmadou Tidiane DAFF, Juriste- Fiscaliste.
39. Iba Assane GNINGUE, Auditeur contrôleur comptable et financier.
40. Mansour Barro SOW, Cadre administratif spécialisé en administration des affaires.
41. ElHadj Malick B. M. FALL, Auditeur Financier.
42. Dr Antoine FAYE, Consultant international Sénior en Économie du changement climatique et Expert financier climatique.
43. Denise FAYE, Professeur en sciences économiques.
44. Ibrahima CISSOKHO, Expert Financier et spécialiste en gestion des marchés publics.
45. Oumou Kalsoum DIOUF, Responsable administrative et financière.
46. Ibrahima GUÉYE, Professeur en gestion de projet à INSEPS UCAD.
47. Khady DASYLVA, Professeur, ingénieur aménagement du territoire.
48. Dr Assane DIA, Professeur de philosophie de classe exceptionnelle.
49. Dr Abdourahmane DIOUF, Ministre des énergies et du pétrole.
50. Dr Sérigne Guéye DIOP, Ministre de l'industrie et commerce.
51. Maimouna CISSÉ, Cadre en management et gestion de projet, Cheffe service régional du tourisme.
52. Saourou MBODJ, Ingénieur et gestionnaire.
53. ElHadji Momar DIOUF, Économiste banquier.
54. Aminata CAMARA, Entrepreneure.
55. Khalil Blondin DIOP, Juriste Conseil.
56. Bassirou TURPIN, Consultant juridique.
57. Fatoumata Diop BAKHOUM, Économiste.
58. Abdoulaye DIALLO, Logisticien.
59. Mouhamadou Lamine BOYE, Ingénieur agronome.
60. Boubou BA, Agent de développement.
61. Bassirou Dieng SOW, Expert électrotechnique.
62. Tamsir THIAM, Professeur de mathématiques et ingénieur financier.
63. Dr Oumar DIA Professeur à l'UCAD, Expert en energies renouvelables.
64. Moussa NDIAYE, Expert informatique.
65. Ibrahima TOURÉ, Enseignant Chercheur UCAD, Ingénieur en énergies renouvelables.
66. Ibrahima KELLY, Sociologue du développement et spécialiste en aménagement du territoire.
67. Hammadou MBALLO, Enseignant Chercheur Cadre en création, administration et gestion des entreprises.
68. Youssouph THIAW, Expert en gouvernance, finance et recouvrement.
69. Birahim KOUNTA, Cadre administratif.
70. Ély FAYE, Expert informatique.
71. Lansana SANO, Ingénieur en Génie froid et climatisation.
72. Ahmadou GAYE, Médecin.
73. Papa FALL, Anthropologue et médiateur culturel.
74. Abdoulaye NDIAYE, Expert en Artisanat..
75. Pape Bérenger Ngom Expert en Tourisme et hôtellerie.
76. Mouhamadou Mansour DIA, Professeur des universités.
77. André Paul NDIAYE, Homme d'affaires.
78. Pape Ibra DIOUF, MSPM à la retraite.
79. Fatou KONTE, secrétaire.
80. Souleymane SOUMARÉ, Pharmacien ancien DG ONFP et ancien SG de la SEN - PNA.
81. Ibrahima BATHILY, Économiste.
82. Khadija CISSÉ, Enseignante.
83. Mamadou Moustapha FALL, Professeur.
84. Fatou NDIAYE, Secrétaire.
85. Mamadou GUÉYE, Cadre portuaire.
86. Samba DIAW, Expert en industries créatives culturelles et acteur de développement territorial.
87. Arame KANE, Cadre Portuaire.
88. Maguette SÉNE, comptable.
89. Ndèye Khady CAMARA, Cadre portuaire.
90. Mamadou BITEYE, Administrateur hospitalier, Chef de laboratoire à l'UCAD, Pharmacien et Professeur des universités.
91. Mamadou GUÉYE, Expert en sécurité et sûreté maritime portuaire.
92. Papis DIALLO, Fonctionnaire.
93. Mbaye PENE, médecin, professeur des universités.
94. Moussa NDONG, Contrôleur des postes et des services financiers.
95. Birame CISSÉ, ingénieur informatique et des télécommunications.
96. Momar NDIAYE, Banquier.
97. Ibrahima DIOP, Expert en développement rural.
98. Aminata SOW, Expert en Gestion des Ressources humaines.
99. Professeur Mamady KOUYATE, Sociologue, Manager des ressources humaines et Chef d'entreprise.
100. Fatou Mactar Diop Experte en commerce international et spécialiste en communication.
101. Al Hassana FATY, Ingénieur financier, ingénieur conception en génie civil.
102. Astou DIA, Enseignante.
103. Dr Abdoulaye SECK, Économiste, Consultant international.
104. Pape Abdourakhmane Dabo, Ingénieur des Travaux Publics.
105. Moustapha GUÉYE, PDG SENEGEO.
106. Sérigne NDIAYE, Polytechnicien, Ingénieur des Travaux Publics grandes écoles françaises, DG PROMOVILLE.
106. El Hadji Abdou Karim FALL, Chef d’entreprise, Auditeur International QSE, Expert en Management et gestion des risques.