Dans le sud de la Côte d’Ivoire, «tant que la route sera mauvaise, l’insécurité continuera»

Mercredi 11 Aout 2021

« Dieu merci, j’ai eu la chance d’être amputé ! », s’exclame Inza Ouattara six ans après « l’embuscade » qui a failli lui coûter la vie. Secrétaire général d’une coopérative de la région de Fresco, dans le sud de la Côte d’Ivoire, il roulait sur la voie qui longe le littoral lorsqu’il s’est fait surprendre par des coupeurs de route. « Ils pensaient que je me promenais avec de l’argent et ont rafalé ma voiture. Mais j’ai pu rejoindre l’hôpital et m’en sortir », raconte-t-il, perché sur sa jambe en métal.
 
Malgré sa mésaventure, Inza Ouattara, qui est également représentant des acheteurs de matières premières de la région, continue d’emprunter cette « Côtière » jonchée de nids-de-poule, dont son activité dépend. « Quand tu fais du commerce, les gens pensent que tu te fais beaucoup d’argent. Mais si on gagnait bien notre vie, on construirait des usines. Ce que je fais, c’est juste le “débrouillement”, je me bats pour nourrir la famille », confie-t-il près d’un 35 tonnes rempli de graines de palme, en partance pour l’est du pays.
 
Reliant Abidjan, la capitale économique, à San Pedro, le premier port cacaoyer au monde, la route du littoral est l’un des axes les plus dangereux et les moins bien entretenus du pays. S’y croisent quelques poids lourds de marchandises, des minicars de voyageurs et des routiers téméraires. Mais l’interminable nationale, longue de plus de 300 km, vit surtout au rythme des accidents, des pannes et des attaques. (Le Monde)
 
 
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