Le nouveau ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, assure vouloir accélérer la mise en œuvre de la politique agroindustrielle du gouvernement, dans la concertation avec les acteurs concernés, en recourant notamment à la loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique, qu’il qualifie de révolutionnaire pour le secteur primaire sénégalais.
“Nous allons nous occuper des urgences, tout en nous inscrivant dans le moyen ou le long terme, en accélérant la politique agricole et industrielle et en veillant à tout faire dans la concertation avec les acteurs”, a promis M. Ba, dans une interview accordée à l’APS.
Il a salué l’adoption du projet de loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique, lors du Conseil des ministres du 5 juin dernier.
“L’application de la loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique est l’une de nos priorités”, a dit Cheikhou Oumar Ba, ajoutant que “c’est une loi révolutionnaire pour l’agriculture, l’élevage, l’environnement et la pêche”.
“Si vous aidez les agriculteurs à produire sans les aider à vendre ce qu’ils produisent, vous ne résolvez leurs problèmes que de moitié. Il faut augmenter les revenus et faire en sorte que les paysans puissent vivre décemment”, a répondu M. Ba en parlant à l’APS des priorités du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.
Transformer structurellement l’agriculture et l’élevage sénégalais
Il a expliqué sa conception de la souveraineté alimentaire. “Nous sommes obligés d’aider les populations à être souverains. La pandémie de Covid-19 a confirmé l’importance de la souveraineté alimentaire, financière et énergétique. Mais souveraineté ne veut pas dire autarcie. Elle consiste à activer les secteurs dans lesquels nous avons des avantages comparatifs, dans le but de transformer structurellement notre agriculture et notre élevage.”
“Notre première responsabilité est d’assurer la continuité. [Mes prédécesseurs] ont fait le travail selon les orientations du président de la République. Je veux nommer Dr Mabouba Diagne et Dr Alpha Ba”, a souligné Cheikh Oumar Ba en parlant respectivement de son prédécesseur et de l’ex-secrétaire d’État chargé des Coopératives agricoles et de l’Encadrement paysan.
“Notre rôle est d’approfondir leurs réalisations […] en s’appuyant sur ce qu’ils ont fait […] Le président de la République nous a recommandé d’accélérer la mise en œuvre des engagements qu’il a pris envers ses compatriotes. Sa préoccupation principale, c’est que nous puissions arriver rapidement à des résultats ayant un impact sur la vie de nos compatriotes”, a ajouté M. Ba.
Il a promis de veiller à ce que les “orientations” relatives aux coopératives agricoles “soient pleinement suivies”.
“Dans un premier temps, nous allons maintenir le cap. La première décision que nous avons prise, c’est de nous assurer que tous les agents du ministère continuent à faire leur travail […] Nous allons évaluer le travail de chacun d’entre eux”, a assuré le nouveau ministre.
Une “urgence permanente”
“Nous ne pouvons pas parler d’agriculture, d’élevage et de souveraineté alimentaire sans faire deux remarques essentielles. La première, c’est que nous sommes toujours dans l’urgence : les campagnes agricoles, de commercialisation et de contre-saison sont des évènements récurrents […] Ce sont des préoccupations récurrentes et urgentes, qu’il faut prendre en compte”, a relevé Cheikhou Oumar Ba.
La seconde remarque est “l’orientation” choisie par le président de la République, “celle de sortir de l’urgence permanente, à cause de laquelle on ne peut pas prendre le recul nécessaire pour construire [quelque chose de] durable” en matière d’agriculture et d’élevage.
Le nouveau ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage est un socio-anthropologue. Il a consacré au moins vingt-cinq années aux activités du secteur primaire.
Fondateur de l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), un centre de recherche indépendant, basé à Dakar et dédié à l’agriculture et au monde paysan d’Afrique de l’Ouest, qu’il a dirigé pendant plusieurs années, M. Ba était ministre, conseiller du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
À ce titre, il était chargé des questions du secteur primaire, avant d’être appelé, depuis le remaniement du 1er juin dernier, à diriger le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage. [APS]